‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 102 sur 358 · CHAPITRE VIJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIJ

lippe II : c'était une des choses qu'elle désirait le plus ardemment; ses ambassadeurs, Tcvcque de Limoges et le S' de Saint-Sulpice, n'avaient négligé aucune occasion ni aucun moyen de la faire goûter au roi catholique ainsi qu'aux deux ministres influents, le prince d'Eboli et le duc d'Albe ; de son côté, Elisabeth, docile aux avis de sa mère, Qe cessait d'agir dans le même but auprès du roi. Philippe II avait bercé pendant quelque temps Catherine de Médicis de l'espoir d'une décision conforme à ses vœux ; elle avait pu s*en flatter surtout en 1563, au moment où il partait pour l*Aragon, puisque là il allait être à proximité des frontières ^e France, et qu'en quittant Madrid, il avait formellement t)romis à la reine Elisabeth de la faire venir à Monzon. Tout fléraontre cependant que ce monarque était bien résolu de n'acquiescer pas à la conférence proposée. Au commencement de 1565, le duc d*AIbe dit à Saint-Sulpice, par son ordre, qu'il regrettait beaucoup de ne pouvoir céder à son désir de voir le roi son beau-frère et la reine sa belle-mère, mais que cette entrevue pourrait exciter de la jalousie parmi les princes chrétiens; qu'il n'en serait pas de même d'une entrevue de la reine sa femme avec la reine-mère ; qu'il donnait donc volontiers son consentement à celle-ci. 11 y eut quelques discussions sur le point de savoir si l'entrevue aurait lieu en Espagne ou en France : les ministres espagnols n'insistèrent pas, et Bayonne fut acceptée par eux ^

Elisabeth de Valois se mit en route le 9 avril ; ce jour-là toute la population de Madrid fut sur pied pour assister au départde sa souveraine bien-ain'iée. Don Carlos, les princes de Bohême don Juan d'Autriche et tous les grands lui firent

1. Mémoire adressé par Saint-Snlpice à sa cour, le 21 janvier 1565.

corlcgc^ jusque près du lieu où elle devait s'arrêter la première nuit.

Le roi l'avait précédée de quelques jours ; elle le retrou^^ à Guadarrama. Là ils se séparèrent de nouveau, pour aller faire leurs pàques, la reine au monastère de la Mejorada, le roi au couvent de Guisando. Ils ne se rejoignirent qu'à Valladolid, le 3 mai *.

Durant lo trajet de la reine de Madrid à Valladolid, don Carlos renvoya visiter trois fois, témoignant ainsi rattachement et le respect qu'il professait pour elle *.

Philippe II s'était proposé d'abord d'envoyer le prince, son fils, tandis que la reine et lui seraient absents, en pèlerinage à Notre-Dame de Guadalupe : il changea d'opinion depuis, par des motifs sur lesquels il est à regretter que Sîiint-Sulpice s'exprime en termes trop énigmatiques *, et fit venir le prince auprès de lui, au monastère de Guisando *.

Le roi et la reine séjournèrent quelque temps à Valladolid, où, en leur honneur, les principaux seigneurs d'Espagne coururent eux-mêmes les taureaux et se livrèrent aux exer-

1. Lettres do Saint-Sulpico à Charles IX et à Catherine deMédicis, écrites de Médina del Campo, les 12 et 19 avril 1565. — Lettre de Tisnacq à la dnchcsse de Parme, écrite de Valladolid le 4 mai.

2. On lit dans un compte de dépenses de Mclchor de Herrera : « A don » Juan de Cardenas, 17,418 maravedis que Su Alteza le mandé dar, por » olros tantes que de su propio dincro gastô en haber ido y yaelto très » ycces a visitar, por mandado de Su Alteza, a la reyna nuestra senora, 9 al camino yendo des ta villa de Madrid a Valladolid para Bayona, por » cl mes de abril de 1565. » (Archives de Simancas : Contadurias generales, 1« época, leg. 1070, pliego 6°.)

3. Lettre secrète du 16 mars 1565. Saint-Sulpice, après y avoir dit que le roi a changé d'opinion, ajoute : a ce qui n'est encores guières divulw gué, et n'est besoing qu'on en parle, car l'occasion de ce ne s'en pcult » aussi encores escripre. »

4. Lettre de Tisnacq à Viglius, du 16 avril 1565. — Lettre de SainV-Salpice, du 19 avril.

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