‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 121 sur 358 · CHAPITRE VIU I7.S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIU I7.S

» petite-ûlle plus à propos pour le prince. D'abord il y a » entre eux conformité d'âge; ensuite, par cette alliance, le » roi catholique acquiert en Allemagne des parents et des » amis ( ce que ne donne pas Talliance avec la princesse); » et quoique, pour le présent, il ne paraisse pas en avoir ») besoin, il lui importe de pouvoir compter sur eux dans » l'avenir. Il y a à dire encore que la princesse a dix » ou onze ans de plus que le prince, et c'est beaucoup; » car, lorsqu'il deviendra homme, elle commencera à vieil- » tir, ce qui n'est pas un petit inconvénient. En outre, et » indépendamment des liens étroits de parenté qu'il y a » entre eux, se marier avec une personne à qui Ton doit » le respect qu'on porte à une mère, ressemble à je ne sais » quoi. Enfin, bien que la princesse soit très-jolie, je crois » que l'archiduchesse satisfera ceux qui la verront. Les » motifs qui paraissent avoir déterminé ou qui déter- » mineraient le roi à ce mariage sont que le prince est » jeiine; que la princesse est très-capable et Taidera à gou- » verner; que, marié avec elle, le roi pourra ou le laisser » en Espagne, ou bien l'envoyer en Italie ou en Flandre. » Ces motifs ont une certaine apparence de fondement; » mais je vous dis que, comme le démontre l'expérience, » une semblable combinaison peut ovoir des inconvénients » très-graves et auxquels il serait difficile de remédier, tant » au point de vue du gouvernement que par rapport au » bonheur du prince et à la tranquillité de son père. Je » n'insiste pas sur ces considérations particulières : le roi » est doué d'une telle prudence, qu'il les appréciera mieux » que personne *. »

Le comte de Luna ne répliqua rien ; il était sans instruc-

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