Dépêche du comte de Luna da 19 janvier
tiens. Il rendit conipto au roi de tout son entretien avec l'empereur, en racccrnipagnant de quelques réflexions pour lesquelles il sollicitait l'indulgence de son maître. Selon lui, le roi ne devait ni Rengager ni engager le prince, car, d'un moment à Tautre, il pouvait se présenter une occasion qui fut plus avantageuse à sa couronne et à la grandeur de sa maison : objet que devait avoir principalement en vue un souverain si puissant, et qui était si près de parvenir à la monarchie universelle *. « Ce qui me fait dire » ceci, — ojoutoit-il — c'est qu'on tient pour certain que » la reine d'Angleterre ne peut avoir d'enfants, qu'elle a » peu de santé, et qu'à son défaut, la reine d'Ecosse est hé- » rilière de ce royaume. S'il en était ainsi, la chose vau- » drait la peine qu'on y regardât. Un point à considérer » encore, c'est que les Guises, oncles de la reine d'Ecosse, » sont les hommes les plus catholiques de France, qu'ils » sont détestés et maltraités de Vendôme 2, dans les mains » duquel est aujourd'hui le gouvernement, et qui le con- » duit de manière à n'en faire attendre que les plus fâcheux » résultats. Tout cela, j'en suis assuré, V. M. l'aura déjà » pesé dans sa sagesse et sa prudence; Toccasion, quand » elle s'offrira, la trouvera en mesure d'en profiter, et, » quand il en sera temps, elle accomplira ce qu'elle est » obligée de faire comme prince si catholique et si valeu- » reux. Pour cette entreprise, elle doit se fier en ses for- » ces, et non en des alliances, ni en des promesses qu'on » lui fait peut-être sans avoir l'intention de les accom- » plir ^. »
Don Martin de Guzman, ayant reçu le courrier de l'em-