‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 123 sur 358 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pereur, demanda audience au roi catholique, et lui fit la communication dont il était chargé. Philippe II, suivant sa coutume, prit un délai pour répondre. Le 7 mars, le duc d'Albe dit, de sa part, à l'ambassadeur de Ferdinand « que » Dieu savait s'il y avait quelque chose en cette vie qu'il » désirât plus et qui put lui donner plus de contentement » que de voir son fils avec une compagne telle que la prin- » cesse Anne, tant pour la naissance de cette princesse, et » parce qu'elle était tille de princes auxquels il avait voiié » une si vive affection, que pour le respect et l'amour filial » qu'il portait à Tempereur; mais que l'indisposition du » prince d'Espagne était dans les mêmes termes que par » le passé *; que sa faiblesse était toujours extrême, et que » la maladie l'avait tant travaillé, qu'il n'avait pu prendre î> sa croissance ni se développer selon son âge, comme » Martin de Guzman lui-même en était témoin «, Le roi était donc, pour le moment, dans l'impossibilité de se résoudre sur le mariage de son fils ; il suppliait l'empereur de ne pas s'en formaliser, en l'assurant que ce point et toutes les autres affaires qui leur étaient communes seraient réglés d'accord avec lui, après un plus mùr examen, et pour le plus grand bien de leurs deux maisons 3.

Philippe envoya copie de cette réponse au comte de Luna, afin que, dans ses rapports avec l'empereur, il y conformât ses discours. En même temps il l'initia aux secrets de sa politique : « Il faut que vous sachiez — lui » écrivit-il — qu'il importe à mes intérêts et à ceux de la » chrétienté de tenir le prince libre de tout engagement, » pour beaucoup de raisons, jusqu'au moment même

Page 1