CHAPITRE IX
moins par année. Il connaissait, aussi bien qu'un ecclésiastique même, les cérémonies de l'Église *. En toute occasion il témoignait son respect de la religion et de ises ministres. Pendant qu'il tenait les cortès de Monzon en 1863, il arriva un jour qu'allant à cheval de son palais au lieu où les cortès étaient asseniblé'es, il rencontra le saint-sacrement qu'on portait à un malade : il descendit aussitôt de cheval, accompagna le prêtre, son bonnet à la main, jusqu'à la maison où celui-ci était appelé, attendit à la porte qu'il eût rempli les devoirs de son ministère, et enfin reconduisit le saint-sacrement, toujours la tête découverte, à l'église d'où il avait été tiré*.
Ses passe- temps étaient des plus paisibles. Les fêtes, les spectacles avaient peu d'attrait pour lui. Dans sa jeunesse, en Espagne et aux Pays-Bas, il avait quelquefois pris part à des joutes et à des tournois, mais il l'avait fait moins par goût que pour l'opinion du monde ^. Ce qu'il aimait, et sa nature lui en faisait en quelque sorte un besoin, c'était la campagne , la solitude *. Aussi , bien souvent il quittait à l'improvisie Madrid, pour aller , tantôt au Pardo , tantôt à Aranjuez ou à l'Escurial, quand il eut fait bâtir ce somptueux monastère. Là il ne s'entourait que d'un petit nombre de ses serviteurs, ne recevait les ambassadeurs étrangers que dans des occasions extraordinaires et pressantes, et ne com-
1. Relation de Paolo Tiopolo, déjà citée, p. 62. — Relation de Malteo Zaoe, de 1584, dans les Relazioni, etc., série I, t. V, p. 360. â. Relation de Giovanni Soranzo, déjà citée, p. 112.