CHAPITRE IX
fameux, lorsqu'il épousa la princesse Marie de Portugal, un mariage secret le liait à dona Isabel Osorio, de laquelle il avait plusieurs enfants *. Pendant son séjour aux Pays-Bas, il avait eu une fille d'une jeune Bruxelloise *. Après son retour en Espagne , il vécut , pour ainsi dire , publiquement * avec dona Eufrasia de Guzman, dame de la* princesse sa sœur, qu'il fit épouser au prince d* Ascoli , dans le temps qu'elle était eaceinte de son fait ^. Elisabeth de Valois n'ignorait pas sa conduite; mais, douée d'une sagesse et d'une raison au-dessus de son âge, tolérante ainsi que sa mère lui avait appris à l'être par son exemple, elle supportait les galanteries de son mari sans jamais faire entendre un seul mot de plainte, ne manifestant qu'un désir, celui de lui com-
mente si diletta, e con loro di nascosto ben spesso si ritrova.... » (Relation de Paolo Tiepolo, déjà citée, p. 63.) — « Molto ama le donne, con le qaali spesso si trattiene nei detti luoghi del Pardo et di Aranguez. » (Relation de Giovanni Soranzo, déjà citée, p. 114.)
1. Apologie de Guillaume de Noitau^ prince d'Orange, p. 38 de Tédition originale de Leyde.
3. « Ha aynto, essendo in Fiandra, con nna giorane di Brasseles, nna figliuola, la quale fa nntriro in qnei paesi molto secretamente.... » (Relation de Giovanni Soranzo, 1. c.)
3. Apologie de Guillaume de Nasiau, 1. c. ^ « Dopo che si ritrova in Spagna, ne ha avata un' altra (figliuola) con donna Eufrasia de Guzman, che era dama délia principessa sua sorella, e ha maritata la madré nel principe d'Âscoli con dote onorata, etc.... » (Relation de Giovanni Soranzo, 1. c.)
L'évêque de Limoges écrivait à Catherine de Médicis, le 3 juillet 1561 : oc Le roy est à son plaisir, pour les chasses qu'il a proches, et aaez » d* autres bonnes cognoissanees en eeste ville, qui pour cela ne le font » pas estre mauvais mary^ car il est des "bons du monde. »
Saint-Sulpice, successeur de l'évêque à l'ambassade de Madrid, mande à sa cour, dans une lettre secrète du 7 octobre 1564, que Ruy Gbmez lui a dit que la grande maladie de la reine avait augmenté l'affection de son mari pour elle; et« adjousta quelques choses de ses amours passées, qui * avoient cené et estoient hors de la maison, de sorte que tout alloit » si bien qu'il ne se pouvoit désirer mieulx. »
Les relations de Philippe avec la princesse d'Eboli sont trop connues pour que nous ayons à en parler.
plaire, n'ayant d'autre volonté que la sienne * : on pourrait même supposer, en lisant quelques-unes de ses lettres à Catherine de Médicis, que les soins et Taffection du roi la rendaient « la femme la plus heureuse du monde » *. Il est juste de dire que Philippe, s'il la négligeait, avait toujours pour elle les plus grands égards, et qu'il lui donna même, en certaines occasions, des marques d'une véritable tendresse ^. On a reproché à ce prince de manquer de libéralité, de se montrer éco'nome jusqu'à la parcimonie*; on a fait la remarque qu'il laissait vacantes les principales charges de sa
1. « Sa la regina che il re fa molti disordini con donne^ ma ayendo imparato la tolloranza de sua madré,. pazientcmente lo sopporta senza mai dir parola dî risentimcnto. . . . Cosi alla, savia sopra l'età saa, cerca io tutti i moJi mistrar di riportarsi alla volonlà del re, e di non voler più innanzi diquello cho piace a lui. ... » (Hçlalion dePaoIo Tiepolo, déjà citée, p. 72.) — c( La serenissima regina.... è stimata da tutti molto savia e prudente, in modo che molto supera l'elà sua... Con tutko qaesto S. M., prudentemcnte dissinriulaudo sempre, non dimostra alcana mala salisfaziono, ne mai parla di simili coso, e sempre si mostra desiderosa di satisfare il re, e voler tutto quelle ch' esso vuole.... » (Relation de GioTanni Soranzo, déjà citée, p. 117.)
2. Une fois elle écrivait à la reine, sa mère , à propos d'un endruii (qu'elle n'indique pas) où elle se trouvait et qui était peu plaisant : c Vons » dirès-ge, madame, que sy se n'estoit la bonne compaignie où je snis » en se lien, et l'heur que j'ai de voir tous les jours le roy moD sei- » gneur, je trouverois se lieu l'un des plus fâcheux du monde. Hais je » vous assure, mad:ime, que j'ay un si bon mary ei suis si heureuse » que, quant il le soroit cent fois davantage, je ne m'y faschdroy point. » Une autre fois elle lai disait que le roi JÊaisait office de bon mari ; qne, tant qu'elle avait eu la fièvre, il n'avait pas bougé un instant d'auprès d'elle, et elle ajoutait : « Je vous dires comme je suis la plus heureuse » famé du monde, » (Négociations , etc., relatives au rhgine de Fran^ çois II y pp. 703 et 813.)
3. Voy., dans les Négociations, etc., relativis au règne de François il, pp. 803 et 809, les lettres de madame de Clermont à Catherine de Médicis, écrites en 1561, et dans Vllistoire d'Elisabeth de Valois, par M. le marquis Du Prat, pp. 233, 239, 458, ce que l'ambassadeur FoarqaevaoU mandait à la reine-mère lo 4 février et les 4 et 18 août 1S66.
4. Relations de Giovanni Soranzo, de Gioan Francesco Horisini, de Matteo Zane, de Tommaso Contanni, de Francesco Vendramino,