‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 148 sur 358 · CHAPITRE IX m · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX m

il essaya en vain de s*en servir, le roi ayant mis la sienne en la serrare pour empêcher qu'on n'entrât. Il frappa ; Erasso vint savoir qui c'était, mais n'ouvrit point. Le duc fut obligé d'attendre plus d'une heure dans l'antichambre, confondu avec les officiers inférieurs du palais. Il en fut si mortifié qu'il prétexta des affaires de famille pour se retirer pendant quelque temps dans ses terres ^ .

A répoque où nous sommes parvenu, Philippe II avait tout récemment appelé à faire partie de son conseil un personnage qui bientôt y acquit la principale autorité : je veux parler de don Diego d*Espino3a, que, de simple conseiller au conseil de Castille, il fit gouverneur ou président de ce tribunal, le plus élevé de tous ses royaumes, en remplacement de Juan Rodriguez de Figueroa, mort le 25 mars 15&5 «. L'impartialité et la loyauté d'Espinosa , la promptitude et l'habileté avec lesquelles il expédiait les affaires, le discernement et la droiture qu'il apportait dans le choix des candidats pour les offices ecclésiasti\|ues et civils dont la présentation était un des attributs de sa charge, son détachement de toute espèce de passions et d'intérêts en dehors du service public, plurent tellement au roi ^, qu'il accumula

1. Ces curieuses particularités sont consignées dans un Mémoire que l'évêque de Limoges, Sébastien de l'Aubespine, envoya au cardinal de Lorraine, le 26 septembre 1560. (Voy. Négociations, etc., relatives au règne de François H, pp. 558-562.)

Page 1