‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 153 sur 358 · Au mois d'avril · texte numérisé non relu

Au mois d'avril

216 Ï)()N CÂULDS ET PIIIJLIPPE H.

core, "répandu dans le monde et dissipé *. Aussi ne connaissait-on pas de cour, en Europe, où il fut plus difficile de pénétrer les mystères de la politique qu'à celle de Madrid ; les choses même qui auraient pu être divulguées sans le moindre inconvénient, restaient ensevelies par les ministres dans le silence le plus profond ^. C'était un sujet de grand désappointement pour les diplomates.

On citerait bien peu de souverains qui aient autant travaillé que Philippe II dans le cabinet. Les dépêches de ses ambassadeurs et de ses vice-rois, les rapports de ses ministres, les consultes de ses conseils, les mémoires et requêtes des particuliers, il voulait tout lire, et il aposlillait tout de sa main ; il revoyait et corrigeait les minutes de ses secrétaires ^. Il avait établi pour règle que la moindre décision de-

1. « No le di6, luego qiio vacô, el oficio i Antonio Perez, por ser moço derramado, i querria ol rey gran virtud i rccogimiento en los ministres i oficialos parlicipanlos d sus sccrotos. » (Cabrera, liv. VII, chap. vu, p. 413.) — La nomination d'Antonio Pcrez, ou du moins son instruction comme secretario de los neyocios de Italia, est du 8 décembre 1567. (Colece. de docum. inéd., etc., t. XV, p. 479.)

2. Voy., dans les Relations des ainbassadeurs vénitiens sur Charlei- Quint et Philippe II, pp. 221 ef 243, ce que disaient là-dessus Tommaso Contarini eu 1593, et Francesco Vendramino en 1595. Le système de silence qu'ils avaient lrou\o en vigueur à la cour do Madrid y avait été pratiqué de tout temps sous le règne de Philippe IL Lors des troubles des Pays-Bas en 1566, le S^ de Fourquevâulx, ambassadeur de France à Madrid, fut particulièrement chargé par Charles IX de s'enquérir de ce qu'il y avait de vrai dans l'intention, attribuée au roi d'Espagne, de passer en Flandre et de confier la régence de ses royaumes à la reine Elisabeth, sa femme. Fourquevaulx répondit à son souverain qu'il n'était pas focile do le satisfaire : a car — lui disait-il — au conseil de guerre n'entrant » sinon le duc d'Albe, Ruy Gomez, don Jehan Manrique, le prieur don » Antonio et un secrétaire d'État, desquels on ne sauroit arracher «ne » parole de ce quHls arr estent entre eulx, et moins de ce qui est résola » par le roy. » (Histoire d'Elisabeth de Val As, par M. le mardis Du Prat, p. 2U.)

3. Voy., à ce sujet, dans la Correspondance de Philippe II sur Ui affaires dcë Pnys-Bas, t. IV, p. 194, une lettre très-cn^icuso du garde des sceaux Hoppnrus au conseil d'État des Pays-Bas.

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