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3. Granvelle loi écrivait do Rome, le 23 décembre 1566, au sujet de Pie V : a El quiere may tiemamente & V. M., y enticnde y lo dice muchas » vezes, que es V. M. la sola columna y fandamento de la religion. » (Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, t. 11^
p. LVIII.)
Le nonce de Pie V à Madrid, rarchevêqae de Rossano, rendant compte aa cardinal Alessandrino, dans une dépêche du 28 septembre 1567, d'une conversation qu'il avait eue avec Philippe II, lui rapportait ainsi le langage du roi : « Ghe conosce Tobbligo che io gl'havea dette che tiene a > nostro signore Dio, poichè pare che habbia permcsso che in Sua Maestà » sola si posi hormai ogni speranza della defensione et rcstauratione délia » religione cattolica, e che cerearà di non esser ingrato di questo favore » che l'omnipotente Dio fa piû a Sua Maestà che a gl'altri principi scco- » lari..-.. » — Voy., dans les Relazioni degli ambasciatori venetif série I, t. V, pp. 62, 329 et 367, ce que disent, à ce sujet, Paolo Tiepolo, Gioan Francesco Morosini et Matteo Zane.
aiO DON CARLOS ET PHILIPPE II
aussitôt yprcs son alliance avec la maison de Valois et ne finit en quelque sorte qu'avec sa vie; de là encore Topposition énergique qu'il fit, à Vienne et à Rome, aux vues de Tempereur Maximilien II concernant le mariage des prêtres *; de là enfin cette invasion de l'Angleterre préméditée dès le principe de son règne, quoiqu'il n'ait essayé de la réaliser que longtemi)s après.
Il ne faudrait pas croire toutefois que son dévouement au saint-sioge fut entièrement désintéressé : les cruzadas^ les subsides sur le clergé et les autres grâces ecclésiastiques qu'il en obtenait, sous prétexte de faire la guerre aux Turcs, lui valaient chaque année plusieurs millions d'or; il avait besoin aussi d'être bien avec la cour de Rome pour la sécurité de ses États d'Italie. Ce dévouement n'empêchait pas d'ailleurs que, dans les occasions, il ne fît sentir sa domination à l'Église, car il prétendait que le clergé lui fut soumis comme tous les autres ordres de citoyens : rien ne fut plus fréquent, sous sou règne, à Milan, à Nnplcs, en Sicile, que les conflits de juridiction ecclésiastique entre ses ministres et ceux du souveram-pontife. Dans les Pays-Bas il fit promulguer une pragmatique aux termes de laquelle nulles bulles, provisions ni aulres dépèches ou impétra tiens de Rome ou des légats et nonces apostoliques ne pouvaient être reçues et mises à exécution qu'après avoir été vues et placélées par le conseil privé ou le conseil souverain de Brabant *. En Espagne, son conseil s'attribuait le pouvoir d'admettre, de rejeter, de modifier les ordres et les décrets pontificaux : là Talcade ou. le
1 . Voy. le t. IX des Papiers d'État du cardinal de Granvellê, et notammenl la lettre de Philippe II au seigneur de Ghantonay, son ambassadeur, du 31 mars 1565.
2. Cette pragmatique est de Tannée 1574. Voy. LoYE:fs, TractaHu de curia Brabantiœ n. 287, et Van Espen, Opéra omnia, t. I, p. 567.