‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 185 sur 358 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

tion ne pouvait donc ni en droit ni en raison Tobliger * ; qu'en conséquence, il se réservait le pouvoir de punir les auteurs des délits commis contre la religion ou contre sa souveraineté, et spécialement ceux qui en avaient été les priiicipaux instigateurs ^. Tl ordonna à Hoyos de dresser acte de cette déclaration qui, pour le moment, devait demeurer secrète, mais qui serait rendue publique en temps opportun 3. Trois jours après, il chargea le grand commandeur de Castille, son ambassadeur à Rome, de faire connaître confidentiellement au pape que, Tinquisition ayant été établie aux Pays-Bas par les souverains-pontifes, l'abolition qu'il en avait accordée ne pouvait avoir de force qu'avec le consentement du saint-siége ; que, si le nouveau projet de modération des placards qui lui serait soumis devait, en quoi que ce fut, affaiblir le châtiment des mauvais, il y refuserait son approbation ; que le pardon général ne concernait pas les délits qui étaient du ressort de l'autorité ecclésiastique. « Ainsi — disait-il au grand commandeur — vous pouvez » assurer Sa Sainteté que, avant de souffrir la moindre chose » qui porte préjudice à la religion et au* service de Dieu, je » perdrais tous mes États et perdrais même cent vies, si je

sponte sua aut innata sibi clementia et benignitate usum esse, sed gravis • simis bis necessitatibus quse justissimam càusam cuicumque, quanlumvis constantissimo aut potentissimo régi, prœcipue catholico, prœberent.... »

1. « .... Ob idque simili ter certissimum esset prsefatam veniam acindulgentiam.... nullo tamen jure nullaque ratione Suam Majestatem obligare.lf. »

2. « .... Reservans et reservatam esse censens potestatem et facultatem sibi omni jure divino et humano concessam et compctentem, eadem delicta et crimina puniendi et castigandi, prœcipuo in eos et contra eos qui duces et capita seditionum et criminum fuerunt.... »

3. « .... Cujus suaî declarationis, lestationis, reservationis petiit et mandavit fieri et confici publicum instrumentum, suo quidem tempore ostendendum et publicandum, nunc vero justis de causis et rationibus secretum et cclandum. » (Arcb. de Simancas, EstadOy leg. 531.)

ilcxions, il se (li'cida à omoyor son majordome Aguilera à Mon(ign\ , alin do savoir si lo loi tenait al)solumcnt à ce qu'il se rendit à sa eour, ou s'il voulait Tauloriser, vu le mauvais élat de sa santé, à retournei* aux Pays-Bas *.

A5i:uil(Ta trouva Montigny à Ségo\ie. II eut avec lui une eonfén^ice secrète, de quativ heures, dans un monastère situé hors de cette \ ille ; Alonso de Laloo, secrétaire du comte de Hornes, y assistait ^, C'était le 24 juillet dans la nuit. Le lendemain, Montigny conduisit Aguilera au château de Valsain. Le roi, après avoir entendu le majordome du marquis d(î Bergh(^s, se montra sensihle à Tindisposition de ce seigneur; il dit à AguilcTa qu'il instruirait Montigny de sa résolution sur la demande de son maître. Quelques jours se passèr(Mn ainsi. Plus d'une raison autorise à croire que déjà Philippin nourrissait das projets de vengeance contre Berghes et Montigny : il lui importait donc que Berghes ne rebroussât pas chemin. Le 1®"" aotit il fit délivrer à Aguilera une l(»ttre, écrite de sa main, où il exprimait au marquis, dans les termes les plus affectueux, le désir de le voir et de prendre son avis sur les affaires des Pavs-Bas. Il venait de se refuser aux instances de Montigny pour obtenir son congé 3,

Berghes attendait à Bordeaux le retour de son messager. A la récei)tion de la lettre du roi, il se remit en roule. Arrivé le 16 à Ségovie, il se présenta dès le lendemain au château de Valsain ; Philippe l'accueillit avec des témoignages de bienveillance non moins empressés que ceux qu'il a\ ait prodigués à Montigny. De même que ce dernier, il fui

i. LcUre d'Alonso de Laloo, du 3 aodt 1506, déjà citée. !2. Le comte do Hornes ravait envoyé en Espagne pour solliciter, auprès du roi et de ses ministres, plusieurs affaires qui rintéressaient. 3. Lettres d'Alonso do Laloo, du 3 août, et de Montigny, du 2 aoAl»

déjà citées.

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