CHAPITRE XI
Convocation des cortès de Gastille. — Séance d'ouverture. — Proposition royale. — Réponse des cortès. — Départ du roi pour l'Ëscurial. — Apostroplie adressée aux cortès par don Carlos. — Les cortès accordent au roi le service ordinaire et une subvention extraordinaire. -— Elles demandent qu'il rie quitte pas l'Espagne et que le prince se marie. — Don Carlos continue ses emportements et ses violences : il chasse Juan Estebez de Lobon, donne un soufflet à don Alonso de Cordoba, menace de son poignard don Fadrique Enriquez, fait battre des enfants, veut qu'on brûle une maison d'où un peu d'eau lui est tombée sur la tète, maltraite des chevaux. — Faits qui prouvent, d'autre part, qu'il n'était pas inaccessible à des sentiments généreux : entretien à ses frais d'enfants abandonnés ; secours qu'il donne à un malheureux prisonnier pour dettes. — Jugement porté sur sa conduite par le public de Madrid. — — Bruit répandu qu'il n'accomplit plus . avec régularité ses devoirs religieux. — Le docteur Hernan Suarez de Toledo. — Son dévouement à don Carlos. -- Lettre qu'il lui écrit après la scène des cortès. — Vutre lettre plus pathétique et plus forte à l'occasion des rumeurs qui reniaient sur son compte. — Peu d'effet que ces lettres produisent sur >ii Carlos, qui néanmoins reconnaît l'attachement de Suarez. — Voyage Philippe II aux Pays-Bas : doutes dont il est l'objet; explications évoquées par le nonce ; réponse du roi ; circonstances ' qui contrisnt à dissiper en grande partie ces doutes. — Le duc d'Albe va recer, à Aranjuez, les dernières instructions du roi. — Il prend aussi .gé de don Carlos, qui entre en colère contre lui et veut le frapper do poignard. — Philippe II ne fait point paraître le mécontentement lai cause cette nouvelle incartade de son Hls : au contraire, il lui ie la présidence des conseils d'État et de guerre, augmente sa dotaet lui promet de l'emmener aux Pays-Bas. — Ses rapports avec le e sont meilleurs, mais pour peu de temps seulement. — Don Carlos ^ant donné des motifs de plainte, il révoque une partie des choses ui avait accordées ; l'antipathie entre le père et le fils en devient brte que jamais. — L'empereur Maximilien, quoique instruit des publiques et privées de don Carlos, insiste sur l'accomplisseu mariage projeté entre lui et l'archiduchesse Anne. -— Hésita-
tions de Philippe II; conjectures diverses qu'elles peuvent faire naître.
— Il montre plus d'ardeur pour un autre mariage : celui du roi don Sébastien de Portugal avec l'archiduchesse Elisabeth; que Charles IX recherchait. — Embarras de Maximilien, qui aurait préféré Talliaoc» avec la France, mais qui tient à conserver de bonnes relations avec le roi d'Espagne. — Réponses qu'il fait aux ambassadeurs des deux souverains. — Piiilippo II lui. offre de régler les conditions du mariage du prince des Asturics avec la princesse Anne, lors de son prochain voyage aux Pays-Bas. — Maximilien résiste. — Philippe lui envoie en ambassade extraordinaire Luis Venegas de Figueroa. — Antécédents de cet ambassadeur. — Instructions qu'il reçoit du roi relativement aux deux mariages.— Son départ pour Vienne. — Présents dont il est porteur pour l'archiduchesse Anne. — Don Carlos fait preuve de virilité : joie qu'il en éprouve; avis qu'il en donne au baron de Dietrichstein ; libéralités qu'il distribue à cotte occasion. — Déçu de son attente, il prend l'habitude
. de fréquenter les mauvais lieux. — Prodigalités auxquelles il se livre.
— Il veut forcer Niccolô Grimaldi do lui prêter cent mille écus. — Le roi, informé do ce fait, reprend vivement son fils. — Arrivée de Venegas à Vienne. — Maximilien fait des objections à la demande de sa seconde fille pour le roi de Portugal, et insiste sur le mariage de la première avec don Carlos. — Venegas engage le roi à se rendre aux vœux de Tompcreur. — Philippe II s'applique à convaincre le monde de savolonté de passer aux Pays-Bas. — Il fait faire des communications en ce sens aux cours étrangères, et transmet des assurances analogues à la duchesse de Parme et au cardinal de Granvelle. — Il donne avis à son fils, aux archiducs Rodolphe et Ernest et à don Juan d'Autriche, de se tenir prêts à l'accompagner. — Il tient un langage non moins significatif à l'ambassadeur de France et au nonce. — Préparatifs de nature jl confirmer le public dans l'idée que le roi va quitter l'Espagne. — Doute$««qui subsistent néanmoins à Madrid dans l'esprit de quelques personnes ^ lettres écrites à ce sujet par Hopperus, l'archevêque de Rossano. le ba. ron de Dietrichstein et le seigneur de Fourquevaulx. — L'é?éneraen donne raison à ceux qui ne croyaient pas au voyage. — Paroles dL.^ prince d'Eboli à Fourquevaulx. — Arrivée de deux courriers dudu^^ d'Albe. — Observations du nonce à Philippe II ; réponse du roi. Nouvelle de l'arrestation des comtes d'Egmont et de Homes. — Goi munication officielle du président d'Espinosa au nonce. — Gommuoîr cations semblables faites aux ambassadeurs de France et d'Autriche le prince d'EboU et le prieur don Antonio de Tolède. — Longue ^ importante dépêche de Philippe II à son ambassadeur à Rome. — écrit en la même substance à ses ambassadeurs dans les autres cours.
— Chagrin de l'archiduchesse Anne, en apprenant la remise du voya^
— L'empereur se montre de bonne composition ; il adresse à Philippi une lettre pleine de témoignages de condescendance. — Réponse Philippe à Venegas au sujet de don Carlos. — Commentaires auxqn donne lieu, à Madrid, le changement survenu dans les résolutions d