CHAPITRE XI
la France *. Au seigneur de Chantonay, ambassadeur du roi catholique, il allégua que l'archiduchesse et le roi de Portugal n étaient pas si âgés qu'il fallût tant se presser de prendre un parti * ; il lui fit observer, de plus, qu'il serait peu convenable de conclure 4e mariage de sa deuxième fille avant que celui de la première fût assuré 3. Philippe crut le déterminer, en lui offrant dé régler les conditions du mariage de l'archiduchesse Anne avec don Carlos, dans une entrevue qu'ils auraient aux Pays-Bas,- où il allait se rendre *. Chantonay s'efforça de le convaincre qu'il n'avait rien à redouter de la France ni de la Saxe ; il lui mit adroitement devant les yeux Taffection que le roi catholique portait au prince Rodolphe, et les vues qu'il avait sur lui ». Maximilien ne se laissa point ébranler : il déclara à Chantonay que, lors de son entrevue avec le roi, ils arrêteraient ce qui concernait l'un et l'autre mariage ^. Il ajouta que la mort seule pourrait l'empêcher d'aller aux Pays-Bas, et que, dans le cas où une indisposition viendrait y mettre obstacle, il s'y ferait transporter, fût-ce même sur les épaules de ses serviteurs ''.
Ce n'était pas ainsi que l'entendait Philippe IL II voulait
1. Relacion sumariaj deAo quesehatratado con el emperador y con el ■vey de Portugal sobre sucaiamiento con la infante Isabel.
2. Ils n* étaient Tun et l'autre âgés que de douze ans, étant nés en 1554.
3. Lettre de Chantonay à Pliilippe II, du 22 septembre 1566. (Arch. de Simancas, Estado, leg. 655.)