Ibid
7. « .... Pues ninguna cosa sino la muerte podrd estorbar a S. M. de verse con V. M.... ; y que tanto deseaba estas vistas que si por indispusi- ^ïon no pudiere ir â ellas, se haria Uevar, aunque a hombros.... » (Lettre ^® Chantonay à Philippe II, du 24 septembre 1566, dans la Coleccion de ^^cutnentos inéditos, etc., t. XXVI, p. 546.)
que l'empereur s'engageât au mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi de Portugal, et il ne voulait pas s'engager lui-même relativement au prince son fils. Pour montrer rimportance qu'il attachait à cette négociation, il résolut d'envoyer en ambassade extraordinaire à Vienne Luis Venegas de Figueroa, son grand maréchal-des-logis *. Il se flattait que Venegas serait, plus que tout autre, agréable à la cour impériale*;. il avait été maître d'hôtel de l'impératrice et fort avant dans les bonnes grâces de l'empereur. Déjà, en 1553, Philippe, étant en Angleterre, l'avait député vers Ferdinand, roi des Romains, et Maximilien, alors roi de Bohème, pour les assurer de son amitié et traiter de la dot de sa sœur Marie s. H avait rempli plusieurs autres missions importantes, bien justifiées par l'ilIustratioD de sa naissance, les charges qu'il avait occupées dans la maison de ses souverains et sa rare intelligence des matières d'État^. Venegas devait user de tous les moyens possibles pour obtenir de Maximilien II son consentement formel au mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi don Sébastien. Il était chargé de dire à l'empereur que le roi, son maître, ne quitterait pas l'Espagne volontiers avant que cette affaire
1. « .... Para que se concluya este casamiento con la grandeza y aatoridad que yo deseu, lie despachado à Luis Venegas, nuestro aposentador mayor, etc. » (Lettre de Philippe II à don Hemaodo Garrillo, son ambassadeur à Lisbonne, du 24 mai 1567, dans la Coleceion de documentos inédilos, etc., t. XXVUI, p. 459.).
2. « .... Por ser persona quelo sabriitratar y negociar con la pradencia y destreza que el negocio requierOi y entender que al emperâdor mi herinano le sera muy grata.... » (Ibid.)
3. Lettres de Fourqueyaulx à Charles IX, du 15 avril, et à Catherine de McdiciSy du 30 mai 1567. Il dit dans la première : « Lorsque le len roy » vostre père m'envoya vers l'empereur, n'estant que roy de Bohesme, » ledict Vanègues estoit des plus advancez qu'il eût près de sa personne. » — Voy. aussi Cabrera, liv. I, chap. viii, p. 30.
4. « .... Por su noblcza de sangre, criança en la casa real, inteligenda de m^terias de Estado. » (Cabrera, liv. I, chap. iv, p. 17.)
fût conclue , car don Sébastien et la princesse dona Juana y tenaient extrêmement, et il fallait s'attendre aussi à ce que, lui absent, les Français mettraient de nouveau en avant l'offre de la princesse Marguerite. Il lui était recommandé de rassurer la cour de Vienne sur les conséquences d'un concert de la maison de Valois avec la maison de Saxe, concert qui paraissait d'ailleurs plus qu'improbable : quoi qu'il arrivât, l'empereur pouvait compter sur l'appui de son beau-frère, qui était disposé aussi à compléter, s'il en était besoin, la dot de l'archiduchesse au gré du roi de Portugal. L'ambassadeur avait encore à remercier Sa Majesté Impériale des mandements qu'elle avait donnés pour faciliter en Allemagne les levées de gens de guerre faites au nom du roi, et empêcher que ses rebelles de Flandre ne trouvassent de l'appui dans l'Empire.
Telle était, en substance, l'instruction que reçut Venegas*. Philippe II lui fit connaître verbalement sa volonté sur le langage qu'il aurait à tenir si, comme il fallait s'y attendre, l'empereur lui parlait du mariage de l'archiduchesse Anne avec le prince d'Espagne : tout ce que nous en' savons d'une manière positive, c'est que l'ambassadeur était autorisé à assurer Sa Majesté Impériale delà conclusion de ce mariage, mais seulement pour l'époque où son maître aurait avec elle l'entrevue projetée^; il semble résulter aussi d'une lettre de Venegas» que le roi l'avait chargé d'instruire l'em-
1. Cette instruction, datée da 14 mai 1567, a été publiée dans la Coleccion de documentos inéditos^ etc., t. XXVIII, pp. 438-456. — Cabrera, iiv. VU, chap. xvi, pp. 448-450, en donne un résumé assez exact.
S. Dans la Relacion sumariay etc., déjà citée, il est fait mention d'unn lettre du roi à l'empereur où il l'assure que « el casamiento del principe » nuestro senor esta muy cierto, y se conduira cuando S. M. C. se vea » con el emperador. » Venegas élait porteur de cette lettre.
3. Nous voulons parler de la lettre du 30 septembre 1567 insérée dans le t. XXVI, p. 563 de la Coleccion de documentos inéditoSy etc. On y lit
percur et Timpératrice de certaines particularités qui n'étaient pas de nature à faire concevoir une opinion flatteuse de son Qls. Venegas se mit en route pour Vienne le 3 juin * ; il était porteur de présents magnifiques envoyés par le roi et par le prince à rarchiduchesse Anne; le prince, entre autres, lui avait remis pour sa cousine une bague en diamants où était gravé son portrait, d'une valeur de trente mille écus*. Bien des gens croyaient qu'il avait mission d'organiser la maison de la future princesse des Asturies^.
Quelques jours avant son départ, un événement s'était passé à Madrid, qui avait causé une rumeur extraordinaire dans la ville et à la cour. Don Carlos était blessé des bruits qui couraient sur son incapacité d'avoir des enfants; au moment où se négociait son mariage, il avait à cœur d'en démontrer la fausseté. Après s'être entendu avec son barbier *, qui jouissait de toute sa confiance, il eut recours à trois médecins que celui-ci lui désigna. Ces hommes de Part lui firent prendre un breuvage dont il ressentit de tels effets
en offol : (c En las tros cosas que e1 emporador prétende, no yeo ympedi- » mento que con razon lo pueda ser, prosupnesto que la principal, que es » el casamiento dol princi{)e, se le tiene V. M. ofregido y remitido a su » voLi'NTAD, la quai tiene y a V. M. entendida, pues siN embargo de todo » LO que se les ha DiGHo Y DECLARADO, pide cl cmpefador que se efectÙBi » y deséalo con mucha aûcion, y la omperatriz con muy mayor. »
1 . Lettre de Tisnacq à la duchesse de Parme, du 4 juin 1567. — Lettre de Dietrichstein à l'empereur, du 5 juin, dans Kogh, Quellen, etc., p. 189.
2. « Louys Vancgucs a porté de belles bagnes et de beaux présents en don à la fille aisnée de l'empereur, do la part de ce roy et du prince, mosmement dudict prince, qui lui a envoyé un diamant à porter aa doigt, où il est gravé au naturel, estimé valoir 30,000 escus. » (Lettre de Foarquevaulx à Catherine de Médicis,du ..juillet 1567.)
3. c Venegas partira bientôt pour l'Allemagne.... lia charge.... de dres* scr estât et maison à la fille aisnée do l'empereur comme à princesse d'Ëspaigne, pour commencer à monstrer qu'on la tient par deçà pour toile. » (Lettre do Fourquevauk à Catherine de Médicis, du 30 mai 1567.) — Voy. aussi la lettre de Dielrichslein, du 3 juin 1567, ci-dessas citée.