‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 231 sur 358 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

lèrent, à peu près en des termes identiques, à l'ambassadeur de France et au baron de Dietrichstein *.

Philippe II signales dépêches pour Rome le 22 septembre.

Dans sa lettre à Pie V, il se bornait à le prier d'ajouter foi et créance à ce que lui dirait, de sa part, son ambassadeur, le grand commandeur de Castille, don Luis de Requesens y Zùniga *.

A Requesens il dictait, dans ce style prolixe et diffus qui était propre à sa chancellerie, le langage qu il aurait à tenir au saint-père.

« Premièrement, — lui mandait-il — résumant cette affaire ab ovo^ et rappelant à Sa Sainteté ce qui s'est passé et a été porté à sa connaissance, vous lui direz que, dès le principe des troubles des Pays-Bas, ayant regardé mon voyage et ma présence dans ces provinces non pas seulement comme opportuns, mais comme nécessaires et même indispensables, tant pour le remède que réclamaient les choses de la religion, que pour la sécurité et l'établissement solide des affaires de l'État, je me déterminai à faire ce voyage, malgré les difficultés et les inconvénients qui y étaient attachés, et qui n'étaient pas de peu de considération. Cette détermination prise, il était essentiel, pour le but que je voulais atteindre, indépendamment de ce qui touchait la sûreté de ma personne, que j'eusse les forces requises afin de pouvoir user d'autorité et de rigueur là où il en serait besoin, et de pacifier les esprits qui, dans le pays et au dehors, avaient de mauvaises intentions ; il fallut donc s'occuper du temps

1. Lettre de. Fourquevaulx à Charles IX, da 23 septembre 1567. — Lettre de Dietrichstein à l'empereur, du 26 septembre, dans Quellerij etc., p. 194.

2. Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas j i, I,

et de la forme dans lesquels mon voyage aurait lieu, et des mesures qui seraient à exécuter préalablement. Le tout bien pesé, il parut que je devais conserver et même accroître les troupes indigènes que j'avais dans les Pays-Bas, pour que l'illustrissime madame de Parme, ma sœur, et ceux de mes serviteurs qui étaient disposés à lui prêter leur concours, réduisissent ces provinces sous mon obéissance ; que, de plus, il convenait d'y faire entrer un certain nombre d'infimterie espagnole et quelques régiments de cavalerie allemande, en envoyant une personne d'autorité qui les conduisit et assistât la gouvernante, et je choisis à cet effet le duc d'Albe.

» Vu le moment où furent adoptées les mesures dont il vient d'être parlé, et les dispositions et diligences qu'on fit de toute part pour y donner suite, je m'assurais qu'au commencement du mois d'août le duc serait arrivé aux Pays- Bas, et y aurait effectué ce qui lui avait été prescrit, de manière que je pusse me mettre en route en temps et saison : dans cette confiance, j'ordonnai que la flotte destinée à me transporter en Flandre par la mer du Ponant fut prête dès les premiers jours d'août. Grâce à Dieu, le duc, comme vous le savez et comme Sa Sainteté en est instruite, a passé avec son armée en toute sûreté, et est entré dans les Pays-Bas pacifiquement. Mais, à cause de plusieurs indispositions qu'il a eues, de la longueur et des embarras du chemin, des difficultés qu'il a rencontrées, des préparatifs qu'a nécessités son voyage, il y est arrivé beaucoup plus tard qu'on ne l'avait pensé.

r^ Il était cependant nécessaire, pour que je me misse e». route, non-seulement que le duc fût entré dans les Pays-Bas mais encore qu'il y eût accompli certains actes qui devaîen précéder mon départ : les choses, en effet, en sont venues

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