CHAPITRE ir n
éprouva de ce changement de titre *. « Personne, dit Tam- » bassadeur, n'aurait plus osé, à partir de ce jour-là, se ser- » vir de la qualification d'infant, soit en lui écrivant, soit en » lui adressant la parole * . »
Charles-Quint s'était proposé de partir pour l'Espagne avant Thiver de 1556 : des circonstances que nous avons rapportées ailleurs ^ le retinrent aux Pays-Bas beaucoup plus longtemps qu'il ne l'aurait voulu ; ce fut seulement le 15 septembre de cette année qu'il s'embarqua à Flessingue. Il descendit à Laredo, le 28.
Dès que don Carlos sut l'arrivée de l'empereur en Castille, il manifesta la joie la plus vive, avec une extrême impatience de voir son aïeul *. 11 voulait aller à sa rencontre : don Garcia de Tolède, qui avait remplacé auprès de lui, dans les charges de gouverneur et de grand maître, don Antonio de Rojas, mort depuis peu, eut beaucoup de peine à l'en empêcher; il n'y parvint qu'en lui disant qu'agir ainsi, sans connaître la volonté de l'empereur, serait lui manquer de respect ^. Le prince alors, se détermina à envoyer ^ son aïeul don Pedro Pimentel, gentilhomme de sa chambre, porteur de la lettre suivante, qu'il écrivit et rédigea lui-même^:
i. u Foy a cousa do mando de maes alegrya pera ele esta mo*
dançado nome » (Lettre du 20 mars 1556, aux archives de la Torre
do Tombo, Corpo chron.^ part. 1.)
â. « Pode V. A. crer que nom ha em Gastela omem tan atrevydo
que Ihe chame infante » {ibid,)
3. Hetraite et Mort de Charles-Quint ^ Introduction, pp. 105 et suiv.
4. Lettre de don Garcia de Tolède à Charles-Quint, du 3 octobre 1556. [Coleccion de documentas inedt^o», etc., t. XXVII, p. 182.)
5. « .... Para detenelle, no ha habido otro medio sino decille que tan gran desacato séria determinar nada sin saber la voluntad de V. M. » {Ihid.)
6. « .... Sin ayudarse de nadie, » dit don. Garcia de Tolède, dans sa lettre du 3 octobre.
« Sacrée Impériale et Catholique Majesté,
» J'ai appris que Votre Majesté est arrivée saine et sauve. Je m'en suis réjoui infiniment, et tant que je ne le saurais assez exprimer. Je supplie Votre Majesté de me faire savoir si je dois aller la recevoir et en quel lieu. Don Pedro Pimentel, gentilhomme de ma chambre et mon ambassadeur, va trouver Votre Majesté. Je la supplie d'ordonner ce qui se doit faire en cela, pour qu'il me l'écrive. Je baise les mains de Votre Majesté. Valladolid, 2 octobre.
« Très-humble fils de Votre Majesté,
» Le Prince K »
Don Pedro Pimentel fut reçu par l'empereur, le 8 octobre, à Agûera *. Charles-Quint, après l'avoir entendu, choisit, pour son entrevue avec son petit-fils, le bourg de Cabezon, à deux lieues de Yalladolid, où il arriva le 20 octobre. Il est à regretter que le majordome Quijada et le secrétaire €aztelù, auxquels nous devons tant et de si minutieux détails sur les faits et gestes de l'empereur pendant son voyage à travers la
1. Voici le texte, dont le fac-similé se trouve en tête de ce yolame, et qui a été publié dans la Coleccion de documentas inédiiot, etc., t. KXVn, p. 4«8:
« ¥d e sabido que V. M^ esta en fialvamento, y e hoigado dello ininitamente, tanto que no lo puedo mas encarecer. Suplico &\. W me haga sal/er si e de salir à recebir à V. MS y adùnde. Ay va don Pedro Pimentel, gentilhombre de mi càmara y mi embaxAdor, al quai suplico à V. Mt mande lo que en esto se ha de hazer, para que él me lo escriva. Beso las nanos de V. M^ En Valladolid, 2 de otubre.
» Muy hunfilde hijo de T. W,
» El Principe. >•