CHAPITRE XII
Don Carlos avait apparemment compté sur l'absence de son père; il se mit en mesure d'en profiter. Il écrivit à plusieurs des grands qu'il désirait les avoir avec lui dans un voyage d'importance, et qu'ils eussent en conséquence à se tenir prêts à l'accompagner. Lès uns, dit-on, tels que le duc de Sesa, le duc de Médina de Rioseco et le marquis de Pes- , caire, lui firent une réponse conforme à ses vues * ; d'autres répondirent qu'ils étaient à ses ordres pour toute chose qui ne serait pas contraire à la religion et au service du souverain ; d'autres enfin, et notamment l'amiral de Castille^, envoyèrent sa lettre au roi. Philippe II se montra aussi satisfait des derniers, que mécontent de ceux qui avaient observé le silence à son égard ^.
Don Carlos prépara et signa d'autres lettres qui devaient être envoyées à leur destination, dès qu'il serait parti : il y en avait pour le roi, pour le pape, pour l'empereur et, en somme, pour tous les princes chrétiens ; pour les grands, les chancelleries, les audiences et les villes principales de Castille; enfin pour les autres royaumes et États qui faisaient partie de la monarchie.
Sa lettre au roi contenait un exposé des griefs qu'il avait contre son père.; il la terminait en disant qu'il quittait l'Espagne, parce qu'il lui était impossible de supporter plus longtemps les injures que le roi lui faisait*.
Dans celles qui étaient adressées aux grands, aux chancelleries et aux villes de Castille, il donnait aussi le détail de ses sujets de plainte contre le roi ; il ajoutait que son père