CHAPITRE XII
flexion bien simple servira d'appui à noire opinion : c'est que le cas de don Carlos n'était point une matière de droit ni de théologie, mais une matière d'État.
Philippe avait un conseil intime * ; il était composé de Diego d'Espinosa, du prince d'Eboli, du duc de Feria ^, du prieur don Antonio de Tolède et du docteur Martin de Velasco 3. Ces ministres furent très-vraisemblablement ceux qu'il appela à délibérer avec lui sur l'affaire de son fils -* : il voulut, selon le témoignage d'Antonio Ferez, être présent à leur délibération, afin de les faire mieux entrer dans ses vues ^.
1 . C'est le secrétaire d'État Zayas qui nous l'apprend, et qui nous fait connaître en même temps la composition de ce conseil, dans une lettre du 5 juillet 1571 au duc d'Albe. (Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, t. II, p. 179.)
2. Feria avait été créé duc au mois d'octobre précédent. Voy. Joach. Hopperi Epistolœ ad Viglium, p. 143.
3. Voy., p. 214, ce que nous avons dit de ce personnage. Siguenza, Historia delà ôrdendeSan Geronimo, part. III, liv. III, p. 554, parle de la grande faveur dont Velasco, pour son talent, sa science et son expérience, jouissait en ce temps auprès du roi : « El dotor Velasco, que en- » tônces, por ser hombre de gran talento, docto y experimentado , valia » mucho con el rey.... » — Nous avons une preuve de cette faveur dans une lettre que Jean de Noircarmes, seigneur de Selles, lieutenant de la garde royale des archers, écrivait de Madrid, le 23 février 1567, au comte de Homes; on y lit que le roi venait de gratifier le docteur Velasco de 10,000 écus pour une fois, de 800 écus de renie à deux, vies, el de deux asienlos de la maison royale pour deux de ses enfants. (Arch. du royaume, reg. Lettres' écrites au comte de HorneSj fol. 65.)
4. Ruy Gomez, dans la communication qu'il fît, par ordre du roi, le 27 janvier, à l'ambassadeur de France, lui déclara que le roi avait agi » par longue et bien considérée délibération. » (Lettre de Fourquevaulx au roi, du 5 février 1568.) — Vayuda de cdmara, après avoir dit que don Juan alla tout découvrir au roi, ajoute : « Y luego embiô el rey por » la posta à llamar al doctor Velasco, y consulté con él el negocio. .» — Adriani, Istoria de' suoi tempi, t. V, p. 135, s'exprime ainsi : « Avendo, » corne si dee credew, conferito il tutto co' più savi del suo consiglio, i T> quali non erano punto amati da quel principe, etc. »
5. oc Digo que en aquella parte del no hallarse los reyes en los consejos
Plus {ïum\ fois déjà, depuis que le roi vivait en dissension avec son tils , il avait été question d'enfermer don Carlos ^ Dans les réunions du conseil intime dont nous venons de parler, roniprisonncment du prince fut sans aucun doute résolu, ainsi que la manière dont il y serait procédé, afin qu'il se fit sans résistance et sans éclat.
Don Carlos cependant , apprenant, le 15, que son père était attendu au Pardo, se dirigea de ce coté. Il désiraitavoir une entrevue avec don Juan d'Autriche et le prieur don Antonio de Tolède ; il les invita à venir secrètement le trouver en un endroit situé à proximité du château. Don Juan et le prieur, après en avoir eu l'agrément du roi, se présentèrent au rendez-vous. Le prince leur parla du jubilé qu'il s'était absteim de gagner ; il avait quelques inquiétudes à cet égard;
(lu Kstado, podria }u sucar una exception de la ezperiencia qae en algnn gran négocie, en ulguu gran aprieto en que el principe sa vee y qniere consejo, mas para approbacion que para resolucion, alli se ha de hallar presoiilc, para que el respi^cto le ayude en su intento.- Assi lo hizo el rey que digo, cuando rcsolviu la prision del principe don Carlos. » {Cariât,
1. Fourqucvaulx, après avoir mandé à Charles IX, le 21 aodt 1567, la , craiiile du roi que son hls ne s'en iiille en Portugal ou ailleurs, 9Joata : a A occasion de quoy, et autres jeunesses que son fils faict, il en sent » grant cnnuy eu son cœur ; el y a gens qui pensent que, si D*esLoit pour » le parler du monde, il le logeroit dans une tour, afin de le rendre pins » obéissant. » — Il écrit à Catherine de Médicis, le S février 1568 : « Ma. » dame, le ))rince d'£yoly... u esté d'avis que je feisse entendre & Yoitre » Majesté, sans le nommer en sorte que ce soit, que le propos de mariage » qui a esté quelquefois mis en termes, par vous pour le roy avec la prin- » cesse aisnée de Bohesme, ne ponvoit lors vous estre satisfaict ny rea- » pondu, selon vostre désir, par le roy, son maislre, s'il n'east voidn » gasler la résolution qu'il avoit prinse d'enserrer le prince son fils : car, s s'il s'en fust descuuvcri pnr la plus petite conjecture, son desseiqg seroit » sans cffcct, et en seroient peu sortir grandes incommoditez.... > — Soivant la lettre de l'ambassadeur de Venise du 11 février 1568, rév^oe de Cuenca lui avait dit que le roi pensait, depuis plu$ do trois ans, ^ (aire enfermer son (ils : a checrapiù di Ireanni che S, T.. M. stava coiiquaslD
peusiero. »