‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 261 sur 358 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

tude. Depuis lors, ses déportements se sont aggravés ili point que, pour accomplir ce que je dois au service de Dieu, au bien et à l'avantage dé mes royaumes 'et États, je n'ai pu me dispenser, après avoir mis en œuvre tous les autres moyens possibles, de prendre, comme dernier remède, la résolution de F arrêter et de l'enfermer. Cette résolution est celle d'un père, dans une chose qui touche tant ' son fils unique; elle ne procède ni de la colère ni de l'indignation; elle n a pas non plus pour but le châtiment d'une faute, mais elle a été envisagée comme le seul remède qui restât pour prévenir de grands et notables inconvénients : je suis donc certain que Votre Altesse s*en contentera, et qu elle jugera que j'ai été contraint d'agir ainsi par les motifs les plus urgents et les plus sérieux. Je m'assure de même que, lorsque Votre Altesse sera informée par le menu de ces motifs, ainsi qu'elle le sera en temps opportun, elle leur reconnaîtra le caractère que je viens de dire, et tiendra ma détermination pour très-sage et parfaitement justifiée Comme de tout ce qui se passera dans cette affaire et de tout ce dont Votre Altesse devra avoir connaissance, je Yen avertirai aussi particulièrement que l'exige la fraternité qu'il y a entre nous, j'achèverai la présente en priant Dieu de garder et de faire prospérer la personne impériale de Votre

Altesse autant que je le désire. De Madrid, 21 janvier 1868.

« Moi le Roi ^ »

Dans la lettre à r impératrice, Philippe s'exprimait avec un peu moins de réticence : « Je voudrais, — écrivait-il à sa » sœur — je voudrais, pour plus de satisfaction de Votre Al- » tesse, lui rendre <îompte très-ouvertement de la vie et des » actions du prince, lui dire jusqu'à quel point il a poussé* la

1. Le texte fait partie des Appendices de noire première édhion.

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f licence et le désordre, les moyens que j'ai employés pour » le faire changer de conduite, sans négliger slucu^ de œux » qui étaient possibles et convenables, et le temps pendant » lequel mon amour de père et mon désir de procéder en ce » fait d*une si haute importance avec la maturité et la jus- » tification requises, m'ont engagé à dissimuler; mais » cette relation serait très-longue. Je la donnerai, ea temps n opportun, à Votre Altesse et à l'empereur, ainsi que notre ») fraternité l'exige. Aujourd'hui je dirai seulement à Votre 1^ Altesse que, si le prince ne s'était rendu coupable que de » désobéissance, de manque de respect et d'offense envers » moi (quoique, sous ce rapport, il en eut assez fait pour jus- » tifier toute espèce de répréhension), j'aurais tâché encore » de trouver un autre expédient qui sauvât son honneur et » sa considération, lesquels sont les miens propres. Mais » ses actions ont tant confirmé le jugement que, depuis » plusieurs années, on portait de son caractère et de son » naturel et ce qu'on connaissait de ses défauts^ qu'elles » m'ont obligé à regarder plus avant, et à prévenir, dans » l'intérêt du service de Dieu, et pour le bien de mes royau- » mes et États, ainsi que j*y suis obligé (sans avoir égard a » la chair, ni au sang, ni à toutes les autres raisons humai* » nés), les grands et notables inconvénients qui étaient à » craindre, au cas que je ne prisse point cette mesure ^. » Philippe écrivit une seconde lettre à l'empereur sur le mariage qui avait été projeté entre les deux fiunilles : il y prenait à tâche de persuader son beau-frère que, s'il s'était montré si froid au sujet de ce mariage, c'était parce qu'il voulait autant de bien à la princesse Anne qu'à ses propres filles *•

1. Cette' lettre est de même dans les Appendices de \^ premièra édition.

2. La minute de cette lettre n'existe point aux Archives de Simancas* il n'y en a qu'un projet qui fut modifié par le roi. iEttado, tog-.QSS.)

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