CHAPITRE XIV
soulever quelques-uns des États du roi et de se mettre à leur tétc ; qu'il avait eu des intelligences avec les Flamands, qt en particulier avec le seigneur de Montigny. Mais tant de choses diverses se racontaient, que Fourquevaulx n'en pouvait croire la dixième partie. Vainement il avait taché d'avoir des détails plus précis : il n'y avait pas six personnes qui connussent la vérité; la reine Elisabeth elle-même l'ignorait K
L'ambassadeur de Philippe à Paris, don Francés d'Alava, n'avait pas encore ouvert ses dépêches, et déjà la nouvelle de l'emprisonnement de don Carlos était publique à la cour et dans la ville : les ennemis de l'Espagne et de la religion catholique la commentaient avec toute sorte de malveillance ^. Alava crut devoir attendre quelques jours pour aller trouver la reine mère et le roi de France, quoique Catherine de Médicis lui eût fait exprimer le désir de le voir plus tôt par le cardinal de Santa Croce, dentelle se servait volontiers en ces sortes d'occasions 3. Le roi très-chrétien et sa mère, à l'arrivée des courriers, avaient tenu, sur l'arrestation
1. Lettres de Fourquevaulx à Charles IX et à Catherine de Médicis, des 19 et 22 janvier.
2. « A los V liegô aqui el correo que vino despachado de Vuestra Magestad, en companfa de otros dos que Fourquevaulx despachô à esta reyna. Algunas horas antes que yo abriesse mi despacho, estuyo ya divulgada en la casa deste rey y en esta villa la retencion de Su AUeza, que no ha dado poco tronido y alegria grande à los malos , discurriendo y echando juyzios a lo peor.... » (Lettre d'Alava à Philippe II, du 16 février 1568.)
3. « .... Me solicito esta reyna por rodéos, hasta embiarme al cardenal Santa Cruz, que es su instrumento principal destas cosas.... » (Ibid.)
Prospero de Santa Croce , d'une noble famille romaine, était nonoe en France ; il Pavait été précédemment en Allemagne et en Portugal. 11 devait à Catherine de Médicis l'archevêché d'Arles et le chapeau de cardinal. Granvelle, qui l'avait connu à l'université de Padoue, écrivait à Philippe II, le 6 octobre 1560, qu'il était , comme tous ceux de sa famille , français avec passion (apasionado francés) et ennemi public de VËspagne. (Papiers dÉtat, etc., t. VI, p. 192.)
du ])rincc d'Espagne, des propos plus qu'inconsidérés ; il voulut, en différant sa visite, leur faire sentir le mauvais esprit qui les animait ^
Le 9 février seulement, Alava se présenta au Louvre. Lorsqu'il fut introduit dans le salon où se tenaient le roi et la reine mère, il trouva, contre l'ordinaire, tous les membres du conseil i)rivé rangés devant eux *. Il remit à Catherine de Jlédicis et à Charles IX les lettres que son maître leur écrivait; après qu'ils en eurent pris lecture, il leur raconta Tarrestation du prince des Asturies dans les termes qui lui étaient dictés par ses mstructions. Son récit parut les convaincns la reine, en particulier, s'en montra satisfaite, tout en lui disant qu'on leur avait rapporté le fait d'une manière différente ^. 11 tâcha de savoir ce qu'on leur avait rapporté et qui en était Fauteur. Ayant pressé la reine mère là-dessus, elle finit par lui avouer, en hésitant, qu'on leur avait conté que le prince n'avait pas voulu se confesser ni communier le jour de Noël ; qu'il avait l'intention de s'en îUler quelque part, après avoir exécuté un dessein sur lequel on ne s'expliquait pas, et que c'étaient là les raisons de son emprisonnement *. . ^
1. « Yo me deluve los dias que â V. M. escrivi, porqae eomo el
correo qne. vino con la iiueva fué sayo, en llegando, eUos y loB sayos poblicaron cl caso tan dananiente que, pues el apresurarme yo à'hablariesno podia quilar la voz ruin que havian estendido, quise mostrarles sa roin unimo con detenerme.... » (Lettre d'Alava à Philippe II, du 8 avril 1568: Arch. de l'Empire, à Paris, collection de Simancas, B 22 *"*,)
% « .... Diferentemente qae las otras vezes me han dado andienda, por* que estava todo su consejo privado delante dellos.... » (Lettre d* Alava, dn 16 février.)
3. a.... Hecba mi relacion, mostraron que qaedavan descansadod, particularmente esta reyna, la quai me dixo que era diferente la relaoion que i ella le haTian hecho gentes.... » [thid,)
i. oc Apretéla en que me dixese qné era la relacion , y qnienet enn lai pentes, lauto que ella, titubeando, al fin me dixo que le duian qae la de-