‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 291 sur 358 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

allusion par là à une conspiration qui se serait tramée contre la couronne et la vie du roi d'Espagne. A ces paroles de Catherine de Médicis, que Charles IX confirma de son témoignage, l'ambassadeur se leva, tout scandalisé. Il dit à la reine qu'il ne pouvait assez s'étonner .qu'ayant renu de telles informations, elle les eût gardées pour elle ; que, si elle n'avait pas assez de confiance en lui, elle aurait du envoyer vingt personnes à Madrid, pour les communiquer au roi son beau-fils. Charles IX baissa les yeux, regardant sa mère par-dessous son bonnet. Catherine de Médicis était atterrée ; aussi chercha-t-clle à s'excuser sur le peu d'importance qu'elle avait attachée aux discours de l'amiral. Cette curieuse conversation est racontée par l'ambassadeur dans une lettre du 19 mars au duc d'Albe ^ Il est fâcheux que nous n'ayons

1. a .... Esta reyna, en acabando de dezir bienes del de Lorrena, me preguntô por Su Alteza. Dixele que no sabia cosa cierta mas de la que le liabia referido de parte de Su M^^. Preguntaron que si conoscia mucbo al condestable de Castilla : dixeles que si, y la qualidad de su casa. Madré é hijo saltaron juntos, y me dixeron : « £sse es el que ha dicho al rey cay> thôlico que mire como procède y lo que haze con su hijo, pues es prin- 3> cipe jurado en Castilla...» ; y gustavan ^mucho de hablar en la materia; y assi fuy en eila caminando con ellos» diziéndoles las cosas générales. Al fin me inquirieron que si yo sabia que fuesse sobre materia de religion , diziéndome que no me e3pantasse,porque se ténia por cierto que un Flamenco y dos Alemanes que ténia en su camara le dieron libros secretamente que no le havian hecho ningun provecho. Réyme dello. Fuéronme d la mano , diziendo : a Tambien nos dixisteis que no podiades vos créer que fuesse » conjura contra el rey , y hase hallado que ténia dos arcabuzillos para » effectuar su ruin animo , y que en un coche ha *pensado executark». » Réyme mas ; y como cosa que la tienen elles por muy cierta , se burlavan demi. Preguntâronme que cuyo hijo era el conde de Lerma ; dixe quien era su padre. Preguntaron que si havia servido à Su Magesdad ô al emperador nuestro senor : dixe que era mayordomo mayor de la reyna dona Juana mi senora. Tomoles muy gran risa a entr'ambos , diziendo : « Ya, ya. » Quedé sereno mirândolos. Dixome que si yo creya que havia podido Mon - Uni intervenir en este caso. Respondiles que todo lo que me dixessen de malo de los parientes del almiranto creeria. Dixo esta reyna tropeçando, diziendo una vez que se lo havian dicho algunas personas, y à ella el al-

pas la réponse du duc ; nous y aurions certainement trouvé plus d'une particularité intéressante. Don Francés d*Alava était la créature do Fernando Alvarez de Tolède; avec lui le duc devait s*exi)rimer à cœur ouvert. Quant à nous, nous ne pouvons, sur les prétendus rapports des seigneurs belges avec don Carlos, que persister dansTopinion que nous avons énoncée en l'un des cha|)itrcs précédents *.

Les premiers avis qu'on eut à Rome de l'arrestation de don Carlos y parvinrent le 26 février, par la voie de Lyon et de Gènes. Don Juan de Zùniga, qui avait récemment reml)lacé son frère, le grand commandeur de Gastille, dans le

mirante dicz û doze mescs ha, que habiando en la venida de S. M. à FUndes, le dixo el dicho almifante : a El rey cathôlico no passani tan presto, » porque no querru dexar à Espana en la manera que ei^, » y que, tpretûndolo clla para que se déclarasse mas, le dixo : a Yo os prometo que intes » de muclio tiempo vos oyais cosas que os espanten , » y que se le diô à entender que liavria conjura contra Su M^ y sedicion grande en aqoellos rcynos. Ya que yo yi que ella se havia vaziado del todo, y sahqocoiiftrmava le que ella havia dicho, levantéme, escandalizândome mncho, diiiflado que no era aquolla materia de qualidad que haviéndosela revelado el diable, déviera encubrirla y rallarla, sino quando no qnisiera fiarla de mf, embiar veinte personages à avisar a Su U^. El rey baxd los ojos, y mirôla por la sombra de la gorra. Verdaderamente ella recibiô golpe grande del resenlimiento que yo hize. Saliùse de la platica, diziendo que qoien haria que pensasse que esto havia de ser verdad? que no me lo ayia dioho, paresciéndolo que fuesse invencion del almirante. » (Ârch. de l*Empire , à Paris , collection de Simancas, Il 22 99.)

Pour qu'on comprenne bien Tattitude d'Alava dans la conversation dont il rend compte au duc d'Albe, il ne sera pas inutile de dire qne, pondant toute sa mission, cet ambassadeur avait montré, dans ses ra^orts arec Catherine de Médicis , beaucoup d'arrogance et de hauteur. La reine min s'en plaignit plusieurs fois à son gendre : il y a même une lettre d'elle, eo date du 19 janvier 1568, à l'ambassadeur Fourquevaolx, où elle accuse tù propres termes Alava de lui avoir manqué de respect.

1. Pag. 270-272. — Oo lit, dans des avis secrets envoyés d'Anyers an gouvernement anglais, le 29 février 1568 : « Il errore del principe si tiene ca- » lato, ma è forza ch'l sia criminale, ne sino a qui pare che havesii iiilelli- » gentia alcuna con niuno di quelli signori. • {Siate papen Of/Uëtfa^Êm de Flandre.)

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