‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 292 sur 358 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

poste (l'ambassadeur de Philippe II près le saint-siége, ne voulut pas y croire ^ Le lendemain, l'ordinaire de Lyon apporta des lettres qui confirmaient la nouvelle : alors don Juan envoya à la poste la plus prochaine, afin que, à l'arrivée du courrier d'Espagne, on lui expédiât incontinent ses dépèches et on retînt toutes les autres. Le 28, le pape- lui fit dire qu'il venait d'être averti, par le cardinal de Santa Croce, que le prince avait été arrêté pour avoir machiné contre la personne du roi son père, et avoir eu dans sa chambre des livres hérétiques. Pie V était triste et soucieux ; il désirait savoir si l'ambassadeur avait quelques renseignements. Don Juan de Zùniga répondit à son messager qu'il n'en avait aucun, et que les bruits répandus devaient être une invention des huguenots ^.

Le 29, à la réception de ses dépèches, l'ambassadeur alla trouver le pape, en compagnie du cardinal Pacheco ; le cardinal de Granvelle était, en ce moment, absent de Rome : il rendit compte au souverain-pontife de la détention du prince d'Espagne en conformité des instructions qui lui avaient été données. Pie V se montra très-ému : l'amour qu'il portait à Philippe II, la confiance qu'il avait dans son saint zèle et dans sa prudence, le persuadèrent que le roi catholique avait eu des motifs sérieux pour agir ainsi qu'il l'avait fait ; il éprouva d'ailleurs quelque consolation en apprenant que ce monarque n'avait été déterminé par aucune des raisons dont on parlait en France ^. Après sa visite au saint-père.

1. « Tûbelo por burla, « dit don Juan de Zùniga dans sa lettre au roi du 5 mars 1568. (Coleccion de documentas inéditoSj etc., l, XXVII, p. 14.)

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