CHAPITRE XIV
bref, lorsqu'on ne lui donnait pas matière à discourir longuement^ et, en cette occasion, Zùniga se serait gardé de la lui fournir *.
Le pape n'insista plus. Le meilleur accord régnait entre les deux cours. Pie V, à la prière de Philippe II, avait depuis peu envoyé le chapeau de cardinal au président d*Espinosa; Philippe, de son côté, en ajoutant Tévêché de Sigûénza à toutes les dignités dont Espinosa était revêtu, avait réservé, sur les revenus de cette église, une pension de 3,000 ducats en faveur du cardinal Alessandrino 2.
Le duc d'Albe reçut, le 9 février, à Bruxelles^, les dépêches qui l'informaient de l'arrestation du prince des Asturies. Le lendemain, en séance du conseil d'État, il fit faire lecture de la lettre française du roi, qu'il commenta en quelques paroles, disant que depuis longtemps le roi avait prévu qu'il en devrait venir là avec son fils *. Selon l'avis du conseil, copie de cette lettre fut adressée aux chevaliers de la Toison d'or, aux gouverneurs et aux cours supérieures de justice des Pays-Bas. Le lieutenant de Philippe II, dans la circulaire par laquelle il la leur transmit , ajoutait : « Et » combien que j'ay entendu le contenu avec extrême regret, » si ne faut-il doubler que ce que en cecy a faict Sa Majesté
1. « .... Doliôse en gran manera del trabajo de V. M., pero alabô mucho su determinacion , porque entiende que la conservacion de la cristiandad esta en que Dios dé a V . M. muchos anos de yida, y después lai sucesor que sepa seguir sus* pisadas ; y esto suplica à Dios muy de yeras y con muchas lagrimas. No pasô en esta plâtica mas adelante , porque Su Santidad es corto en los discursos, quando no se le procura meter muy adelante en ellos, y en esto ântes yo holgué de atajar la platica.... » (Lettre de Zùniga à Philippe II, du 25 juin 1568 : Arch. de Simancas, Estado, leg. 906.) .
2. Lettre de Tarchevôque de Rossano au cardinal Alessandrino, du le' mai 1568, déjà citée.
3. Billet du secrétaire d'État Courtewille au président Viglius , du 9 février. (Arch. du royaume.)
A. Note du secrétaire d'Élat Berty, qui assistait à la séance. (Ibid,)
» ne soit esté sinon pour Imnnes, justes et légitimes ooea- )» sions, rt que tout lentl au service de Dieu et de Sâdicte » Majesté : n'ayant peu délaisser vous en advenir par l'eiivoy » (le ladiete eopii^ , aflin d'cstre préadvisés et sçavoir obvyer » à tout ce (ju(» l'on vouldroit publier en eccy, au contraire » de la bonne intention de Sa Majesté ^ »
Les motifs ({ue la lettre du roi donnait de la séquestration d(» don (Carlos trouvèrent peu de créance dans le public lM»lge -. A\('v. le courrier expédié au duc d*Âlbe un courrier d(^s marchands était venu d'Espagne^ et les lettres que celui- <'i a))portait, échos de la rumeur publique, parlaient du dessein, conçu par le piince, de détrôner gk)n père, et même de le faire mourir, pour régner à sa place ^. Cette version fut a(!cueillie avec avidité dans un pays où le gouvernement du duc d'Alhe avait rendu odieux le nom et la personne de Philippe il. Un autre bruit assez accrédité voulait que l'attachemiint du prince aux opinions de la réforme eût été pour i|uelque chose dans sa disgrâce **
Nous avons la réponse du duc d'Albe à la lettre française
i. Circulaire du 13 février 1568. (Arcli. du royaume.) 'È. « .... Encoires que Ton oust faict entendre aux consaubi et yiUeâ qoe Sa Mîijostn ne scroil venue à ces termes pour offense ou coulpe commise courre sa personne, ni pour rhose de semblable espAce et qualité,... néantmoins rinierprélution fut aultte es discours populaires. » (Hiêtoire inédiîc (les Ironbles des Payê'-BQSt par Renon de France, président du grand conseil de Malines.)
3. (c Di Spagna yennero ultitnamente doi correri, i'uno al dHoea, Valtro n mercanti.... La causa di una tanta risolutione non yiene scritta a merranti bene chiara, parlandosi variamente e per congietture, dioendosi ehe liayia disegnato di farc amazzare don Gio. d'Austria e deponere il re « con tenerlo prigione^ per havere lui il goyerno. Altri li damio roaggiore ceoso, cioo che il disegno era di fare morire esso padre... » (Ayis secrets envoyés d'Anvers au gouvernement anglais, le IS féyrier 1568 : Slaie pap^r Office, papiers de Flandre.)
4. <c Alcuni dicono che la sia cosa sia dipendente da reUgione, ma non viene cift scrilto di Spagna. » (fbid,)