‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 300 sur 358 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

du roi ; elle est insignifiante ^ Celle qu'il fit à la lettre espa^ gnole n'a pas été trouvée à Simancas, mais le contenu nous en est indiqué par une dépêche que Philippe II adressa au gouverneur des Pays-Bas le 6 avril ^*

« J'ai reçu » écrit-il au dUc^ votre lettre du 19 février» Je crois bieUj selon l'amour que vous me portez, que jugeant avec raison de l'embarras où m'a mis l'affaire du prince mon fils, vous y prenez toute la part que vous dites* La peine, les soucis qu'elle m'a causés sont tels que vous pouvez le considérer. Néanmoins j'éprouve tant de satisfaction d'avoir fait ce que je devais au service de Dieu et au bien de tnes royau* mes ; je suis si content d'avoir rempli l'obligation rigoureuse qui m'était imposée de pourvoir , pour le présent et pour l'avenir , aux grands inconvénients qu'il y avait à craindre ; de plus, j'ai tant de confiance que Dieu conduira la chose à bonne fin^ que tout cela contribue beaucoup à alléger* ma peine et à diminuer mes soucis.

» Vous me représentez que je devrais déôlarer, plus particulièrement que je ne l'ai fait dans ma première lettre^ les causes de l'arrestation du prince. S'il ne parut pas nécessaire alors de vous en apprendre davantage, c'est que, con^ naissant si bien le naturel, la condition et^ les actions du prince^ vous pouvieZj avec la prudence dont vous êtes doué, comprendre «luffisammentj par les termes de cette lettre, les raisons qu'on avait d'agir de là sorte et la fin qu'on se proposait ; vous pouviez juger qu'une si grave détermination n'avait pas pour motif des fautes commises par le prince, ni pour but celui de le châtier, car en l'un et l'autre cas on eût

1. Lettre du 22 février 1568. (Arch. de Simancas, Estado, leg. 539.)

2. Cette dépêche fUt« comme ceUe du 23 janVieri rédif[ée par le doclsur Velasco.

procédé différemment, et qu'on ne l'enfermait pas non plus pour mettre fin à ses désordres ou réformer son caractère, puisqu'une longue expérience a.fail voir que sa nature aurait résisté à ce moyen d'amendement et à tous les autres.

» De cela il résulte, d'une façon bien claire, que le but est d'apporter un vrai et entier remède aux choses à venir, et d'empêcher le dommage très-considérable qu'on prévoit notoirement qu'il y aurait en tout pendant ma vie, et plus encore après ; qu'en conséquence, et le temps ne pouvant faire cesser la cause des déportements du prince, la résolution qui a été prise n'y est pas subordonnée non plus *.

» Ce qui vous est dit dans cette lettre'et ce qu'on vous a mandé précédemment suffiront pour votre information et votre satisfaction particulière. On n'a pas pensé ici qu'il soit à propos, quant à présent, de faire à d'autres une déclaration semblable, mais il a paru qu'il faut s'exprimer avec eux en termes généraux, nonobstant les jugements divers qui en résulteront ; et l'on ne déviera pas de cette ligne de conduite, à moins que vous n'insistiez sur la nécessité d'être plus explicite, et que vous n'en déduisiez la raison. Seulement il a été trouvé expédient de vous avertir que, comme les hérétiques, pour accréditer leurs erreurs et fortifier leur secte, pourraient aisément attribuer l'arrestation du prince à des soupçons sur sa foi, vous devez vous appliquer à désabuser tout le monde d'une telle opinion, qui non-seulement porterait atteinte à l'honneur et à la considération du prince, mais encore serait contraire à la justice et à la vérité. Vous désabuserez de même ceux qui s'imagineraient que cette mesure a été motivée par une conspiration contre ma personne ou une rébellion : car il n'y en a pas eu l'ombre, et il

1. « .... Y ansi, como la causa de que procède la puede mal cnrar al

liempo, la resolucion de que esta dépende no le tiene.... »

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