CHAPITRE XIV
importe qu'une présomption pareille ne s'établisse pas... *. » Le duc d'Albe, lorsque cette dépêche lui parvint, craignit d'avoir été indiscret. Il s'empressa de s'excuser, protestant que jamais il n'était entré dans sa pensée d'obtenir du roi, sur raffaire du prince, des éclaircissements qu'il ne convenait pas à Sa Majesté de lui donner. S'il avait 4ésiré savoir quel langage il devait tenir aux gens qui lui en parlaient, c'était afin de mieux remplir les intentions du maître ^. Du reste, il n'y avait déjà plus aucune personne de considération qui Tentretînt de ce sujet ^.
Ce que nous savons de l'effet produit à la cour d'Angleterre par l'arrestation de don Carlos, se réduit à ce que la reine Elisabeth écrivit à son envoyé à Madrid, le doyen Mann : « Vous présenterez au roi, en notre nom, lui dit-elle, » des remercîments pour la manière amicale et fraternelle » dont il agit avec nous, en nous informant, par son ambas- » sadeur, des incidents notables et dignes d'être rapportés^ » parmi lesquels nous n'avons à déplorer que le dernier, » concernant son fils. Nous espérons néanmoins que la sa- » gesse du roi contribuera à corriger ce que le caractère du » prince pourrait avoir de répréhensible. Ce sera une bonne » fortune pour le prince, que d'avoir été réformé par un » père aussi bon et aussi affectionné*. » On voit qu'Elisabeth
1. Arch. de Simancas, Eatado, leg. 150. Nous avons donné le texte de cette lettre dans les Appendices de notre première édition.
2. a .... Nunca Dios quiera me pasase a mi por pensamiento saplicar a V. M. me dièse a mi mas parte ni claridad en este negocio de la que V. M.
fuesse servido y le pàreciesse convenir Solamente era mi intencion
(pop no errar a la de V. M.) saber que era servido que respondiesse à los que me hablassen en ello.... » (Lettre du duc à Philippe II, du â^ mai Io68 : Arch. de Simancas , Estado, leg. 539.)
3. « .... Ya no hay quien trate comigo en la materia, â quien sea menester dar respuesta.... » {Ihid.)
i. flc .... You shall alsO; in our name, give the king thanks for his frenctly and brolherly dealing with us in his usually advertysing hither to us by
rcjL'ardail roninio temporaire la séqueslraiion de don Carlos. O fut, dans K^s premiers temps, l'opinion généralement répandue eu Europe. Nous avons reçu do Venise copie de la répouist^ <pie le do^e Pieiro Loredano fit à la lettre par la***
pielle Philippe II lui avait donné connaissance de l'emprisonnement du prince; on y trouve exprimée aussi la pensée
pie la iM|j;ueur d('»plo\ée par le roi contre son fils Ta été pour l'avantage particulier de celui-ci '.
Le courrier porteur des dépêches de Philippe II à ses aml)assadeui\s à Vienne arriva dans cette capitale le 17 février*. (^hantonay (»t Venegas .avaient à peine pris le temps de parcourii* la corres])ondance de leur souverain, qu'ils se transportèrent au palais. En ce moment, l'empereur et l'impératrice i'ev(Miaient de la chasse; ils allaient se mettre à table : Maximilien donna toutefois audience aux deux envoyés (rEspagne. Après que Ghantonay et Venegas lui eurent ex|)osé bricvemcnit le sujet de leur visite, ils lui présentèrent . la lettre du roi. ^laximilîcn, en la lisant, changea de couleur: il demanda des explitiations, et comme les ambassadeurs se
liis ambassadors of surlie accidents as be of any note and wortby reportin^', aniongsi ail A\icli we wearo sorry only for thii lasi toachiog hû soime, ami yet ^e trust the king wisdom will appeare such as for the refonnAcJon of any tliing amisse in the prince his sonne. It sliall appeare to bave beene a very goodfurliine for liis sonne to havo leceived reformacion by sodeere and good a father....» (State payer Office, papiers d'Espagne.)
La minute de cette lettre est datée du 25 janvier 1567 (1568, n. st.); nuis ce doit ùtr(^ une erreur do celui qui a écrit la date : les communicatioiui entre Madrid et Londres étaient très-lentes en ce temps, et rambassadeur de Philippe II près la reine Elisabeth ne put remplir la commission dont il était chargé pour elle qu'à la fin de février ou au commencement de mars. La lettre do la reine doit donc ôtre de ce dernier mois.
1. <t .... Non puô rader in mente d'alcuno... che questo effecto non sia siato fatto da Vostra Maestà anco perbeneQcio particolare di Sua Alloua... • (ijettrc du 6 mars 1568.)
% Lettre de Ghantonay à Philippe II, du dernier février 1569. {Cçleçcion de documcntos inéditos, etc., t. XXVil, p. 8.)