CHAPITRE XIV
un moyen mis en pratique pour son amendement, car on n'en pouvait concevoir Tespérance, ses défauts procédant de sa nature et ayant augmenté avec l'âge ; enfin que ce
QUI A ÉTÉ FAIT n'eST PAS TEMPORAIRE, ET NE DOIT AUCUNEMENT ÊTRE CHANGÉ DANS LA SUITE *. »
Philippe ajoutait qu'il avait eu l'intention de niener le prince aux Pays-Bas, afin que l'empereur le vît, Tentendît et le jugeât par lui-même, mais qu'il avait abandonné ce dessein, à cause des complications qui auraient pu en sourdre, et surtout pour éviter à son beau-frère la peine que cette entrevue lui aurait fait éprouver 2. Il manifestait son regret de la rupture du mariage projeté entre le prince et l'archiduchesse Anne. Il conseillait à l'empereur d'accueillir pour sa fille la demande du roi de France ; la reine mère lui avait écrit avec instance afin qu'il s'y employât, et il avjait promis de le faire. Il l'engageait aussi à conclure le mariage de l'archiduchesse Elisabeth avec le roi de Portugal. Enfin il remerciait son beau- frère d'avoir trouvé bon que les archiducs Rodolphe et Ernest, qu'il aimait comme ses propres fils, restassent encore à sa cour ».
A sa sœur, Philippe marquait sa gratitude des consolation^
1. <c Lo que se ha hecho no es temporal, ni para <^ue en ello ade->
lante baya de haver mudança alguna... » La leltre de Philippe II à Fempereur, écrite de sa main, comme celle qu'il adressait à l'impératrice, était datée du 19 mai. Il y en a, aux Archives de Simancas, Estado, leg. |50, une minute ou plutôt un brouillon fait par le secrétaire d'État Zayas et chargé de ratures. L'original n'est pas conservé aux Archives impériales, à Vienne, mais elles en renferment une traduction allemande. En comparant cette traduction avec le brouillon de Zayas, on voit qu'il avait été fait à celui-ci plusieurs additions. Pour le surplus, le fond des deux textes est le même. Dans l'extrait que nous donnons, nous avons suivi de préférence le texte espagnol, comme reproduisant plus liitéralement la pensée du roi.