‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 311 sur 358 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Don Garios dans sa prison. — Surveillance et régime intérieur auxquels il est soumis. — Le roi le relègue au fond d'une tour. — Il donne les autres pièces de son appartement à Ruy Gomez, qu'il appelle à remplacer le duc de Feria, et à sa fpmme. — De nouveaux gentilshommes sont attachés au service du prisonnier. — Adieux touchants qu'il fait à don Rodrigo de Mendoza. — Le roi licencie sa maison et dispose de ses chevaux. — Désespoir de don Carlos; il essaye de se faire mourir d'inanition, et reste cinquante heures sans prendre d'aliment. — Les médecine le croient perdu. — Assertion de Cabrera, que Philippe II vit et conforta son fils, réfutée par des témoignages irrécusables. — La nature est plus forte que don Carlos ; il mange, et. sa santé devient meilleure qu'auparavant. — Règles miiiutieuses prescrites par le roi pour mieux assurer la garde de son fils. — Don Carlos, de plus en plus préoceupé du dessein de se détruire, avale un diamant qu'il portait au doigt; mais il le rend. — A l'approche de Pâques,, il désire se confesser et recevoir la communion, que fray Diego de Chaves lui donne, après y civoir été autorisé. — Amendement qu'on remarque dans ses sentiments et dans ses paroles. — Espoir, conçu par quelques personnes, d'une réconciliation du fils avec le père, et qui ne se réalise pas. — Explication que Philippe II donne à l'impératrice, sa sœur, des devoirs religieux accomplis parle prince, et qu'il transmet également au pape. — Résignation apparente de don Carlos; il lit iet écrit beaucoup. ^- Il en revient à l'idée de se détruire. — Examendes causes attribuées, dans la relation rédigé© par ordre du roi, à là maladie et à la mort de son fils. — Observation de M. de Castro; autorités citées par lui sur Vusage de la glace àu sëiiième siècle. — Témoignages authentiques de la grande consommation dé neige que don Carlos faisait avant sa réclusion. — Paroles d'une per-

^ sonne du palais à l'ambassadeur de Venise. — Reproche qui peut être adressé à Philippe IL —Comment il y répond d'avance dans les instrué-

• fions transmises à ses ambassadeurs. — Maladie de don Carlos; ce qui la cause. — Il ne veut prendre aucun des remèdes qu'ordonnent les médecins. — État désespéré où il est réduit. — Il se confesse. — Il demande à voir son père, qui a la cruauté de lui répondre par un refus. — Prétendue bénédiction que le roi aurait donnée à son fils. —Don Carlos dicte ses dernières volontés. — 11 dispose de quelques joyaux et d'autres

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objets prttcitMix qui lui appartiennent. — Sa déyotion à saint Jacques de Cumposiulle. — Ciroonslaiicos do sa mort : il pardonne à ceux qui l'ont fait <>nf(^rin(M'. — Lo roi ordonne que le soir môme son corps soit déposé au monastère de Saint-Dominique. — Détails sur cette cérémonie funèbro : ouvert nre du corcneil, qui est renouvelée deux fois depuis. — Rctraiti* de Philippe à l'Escurial. — Obsèques ù. Madrid et dans les États dépiMidunts dit la «inonarcbie espagnole. — Honneurs rendus à Lisbonne il la niémuiro du prince défunt. — Funérailles à Rome et à Paris : démonstrations dt> Pi(> V et de Catherine de Médicis ; embarras des ambassadeurs de Philippe dans ces deux cours. — Douleur que la mort de don Carlos cause en Espagne — Paioles notables du duc de l'Infontado il runi))assadour tle Venise. — Jugement de Cabrera sur ce prince. — Opinion de M. Lafuente. — Paroles de fray Diego de Cbayes an baron de Dictrichstein. — Expressions de Brantdme. — Accusations contre Philippe 11 auxquelles donne lieu la mort de don Carlos. — Pen de ras qu'elles méritent. — Philippe cependant rie saunût étro tenn pour tout à fait innocent de la mort de son fds.

N(uis avons busso don Carlos an moment où le roi venait (lo rari'iHcr tM de le placer sons la garde du duc de Ferîa, à qui Rny Gomez, le prieur don Antonio de Tolède, Luis Qoijada, le comte de Lerma et don Rodrifijo de Mendoza devaient prêter leur concours.

La nuit qui suivit l'emprisonnement du prince , Feria , Lerma et Mendoza veillèrent dans sa chambre. Les trois autres veillèrent la nuit suivante. Le roi leur adjoignit les majordomes de son fils, don Fadriquc Enriquez de Guzman et don Juan de Velasco. Les surveillants furent ainsi au nombre de huit, qui se relevaient à tour de rôle, par deux, de six en six heures. Nul des serviteurs de don Carlos, à l'exception de ceux qui viennent d'être nommés, n'eut la permission d'approcher de la pièce qu'il occupait. La table était dressée par Lerma et Mendoza ; les majordomes allaient chercher les mets, qui étaient découpés avant qu'on les présentât au prince , afin qu'il n'eut pas besoin de couteau *.

i . L'archevêque de Rossano prétend même qu'on ne lui donnait pas de fourchette : « Tutto trincialo, » — dit-il dans sa lettré da4 férrier — «por 3> non hayerli a mandarc cortello, forcbetta o simil cosa. »

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