‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 316 sur 358 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

dit : « Il mangera bien, quand la faim le pressera*. » Les mêmes diplomates qui d'abord avaient fait mention de la visite du roi revinrent , dans des dépêches postérieures , sur ce qu'ils eu avaient dit, soit pour n'en parler plus qu'en des termes dubitatifs =^, soit pour déclarer explicitement qu'elle n'avait pas eu lieu ^.

La nature vainquit don Carlos, et la faim fut plus forte que sa résolution : il mangea*. Il arriva alors que sa santé devint, meilleure qu'elle ne Tétait auparavant; car, comme il avait le corps plein d'humeurs , par suite des désordres de bouche auxquels il se livrait d'habitude, cette abstinence prolongée qu'il venait de s'imposer produisit sur son organisme des effets salutaires*».

Les prévisions du roi se trouvaient ainsi réalisées. Pour montrer, d'une manière plus manifeste encore , qu'il était peu touché du désespoir de son fils , il fit, le 2 mars , un règlement destiné à assurer mieux, la garde du prince, en

1. <c Con tutto cio il re non ha voluto clie se faci uiuna dimoslrazioue » per consolarlo, ne palisse chealcun lo visiti fuorchè li ordinarj; e quando » li è detto cbe non vol mangiar, non- dice allro senon che mangiarà » quando haverà famé.... » (Lettre de Cavalli^ du 2 mars 1568.)

i2. Dans un duplicata de sa lettre du 7 mars^ expédié le 10, Sauli ajouta de sa main les mots suivants au passage que nous avons cité dans la note 5 de la page 45i2 : «c Ma nonl'hopoi verificalo. » — Nobili écrivit, le 30 mars, à Côme de MéJicis : « Scrissi altra volta a V. E. clie S. M. era stala da » lui, e me Tareva detto uomo digno di fede ; ma io non ne ho avuto poi » risconlro. laie che io lo possa acccrtare. »

3. « Il fut bruit que le roy son père l'avoit esté visiter un bon matin. J'ai sceu depuis le contraire, et qu'il ne passa plus avant que la chambre de Huy Goniès : car de là il pouvoit ouyr clairement cl croy que veoir aussi ledict prince. » (Lettre de Fourquevaulx, du 26 mars, à Charles IX.)

4. ce.... Finalmente, astretlo dalla famé, si pose a mangiar... » (Lettre de Cavalli, du 24 juillet.)

5. a .... Si avide che questa grande inedia li haveva giovato, perché havendo lui un corpo pien di humori grossi per li moUi disordini che faciva, con la dieta si venero a consumare risolve're.... » {Ibid.) — « Ledict pri "KO se porte bien de santé, mais très-malade de contentement.... » (Lettre de Fourquevaulx, du 26 mars.)

454 UON CARLOS ET PHILIPPE il

(Jélerniiauiil a\i*(' préciéiun ci iiiinutieusemenl les devoirs de ceux (|ui y Olaieui préposés ; ils iravaient eu jusque4à que des iuslructions verbales. Ce règlement portait ^ :

Que Uuy Gouiez aurait ^raud soin de tout ce qui concernait le service du prince, sa table , ses vêtements, la proprelé do sa clianibre ;

Uue lui et les gentilshommes placés sous ses ordres traiteraient le prince avec le respect qui lui était dû ;

Une le prince ne pourrait sortir de sa chambre, doul la poru^ serait, le jour cl la nuit, entre-bàillée et non l'erniéc ;

Uu'aucun autre <|ue les six gentilshommes désignés, le â«') jan\ier, pour le garder et le servir, n'entrerait dans sa rhanibre, sans la pi^rmission expresse du roi , à l'exception du médecin et du barbier, quand on les appellerait, ainsi que du moulera chargé du service subalterne;

Uue le comte de Lerma, ou , à son défaut, un autre desdits geniilshonnnes , dorjnirait dans la chambre du prince; «pi'ils veilleiaient à tour de rôle ; que tous seraient présents jus(|u'à rheure du coucher , aiin que , si l'un d'eux était eiiNoyé quelque part, les autres demeurassent;

Que les ordres du prince seraient exécutés, mais qu'il ne pourrait recevoir ni donner de message hofô de sa chambre sans r autorisation du roi ; qu'il ne pourrait non plus &irc de demande étrangère au service de sa pei*sonne; que, dans le cas où il voudrait parler de son affaire, on ne lui répondrait point, parce que cela serait inutile et i)ourrait nuire ^

1 . Dans l'édition française de l'Histoire de Vinquigiiiu» , de LLOttHTS, t. m, pp. 163 et suiv., on trouve une traduction de ce règlement, mais die est faite avec une grande négligence.

S. <c .... Escusando particulai'menle las (pruticos) de sa neigoêo i canat on que no se avrû de respunder a lo que quisiero saber, porqw no Hiiadti (rfelo i podiia danar....»

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