CHAPITRE m
Aussi tous, les ordres de la nation soupiraient-ils après Tarrivée du nouveau roi ; et, dès qu'on sut en Castille qu'une trêve avait été signée avec la France S des messages pressants lui furent envoyés aux Pays-Bas afin qu'il ne différât plus son retour. La princesse dona Juana joignit ses instances à celles des cortès et des conseils; pour leur donner plus de poids, elle députa à son frère don Fadrique Enriquez, majordome du prince don Carlos ^.
Philippe II n'eût souhaité rien avec autant d'ardeur que de pouvoir se rendre au vœu qui lui était exprimé : il était pénétré de la nécessité de sa présence au centre de la monarchie, et puis il n'aimait que l'Espagne, il ne se plaisait qu'avec les Espagnols ^. Il l'avait bien prouvé, en faisant cette tentative dont n lus avons parlé ailleurs pour engager son père à demeurer aux Pays-Bas, tandis que lui il passerait dans la Péninsule*. Mais la trêve récemment conclue n'était pas assez solide, ainsi que l'événement le fit voir, pour qu'il put s'éloigner de ces provinces sans les laisser exposées à de grands périls.
lion espagnole avait raison de se plaindre ; il y dépeignait « los del reino » tan necesitados y descontentos, y no con poca razon, yiendo que de » tantes anos à esta parte no se hace otra cosa sino sacar para todas » partes tan grandes y continuas sumas de dinero.... » (Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste, etc., t. II, p. 431.)