‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 50 sur 358 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Dépérissement de don Carlos. — Les médecins conseillent au roi de le faire changer d'air. — Le roi, après des informations prises à Gibraltar, Halaga et Murcie, se décide à l'envoyer à Alcala de Henarès. — Description de celte ville. — Départ de don Carlos pour Alcala. — Heureux effets qu'il ressent de son changement de résidence. — Sa fièvre cesse.

— Il s'amuse, pendant sa convalescence, avec un jeune éléphant que le roi de Portugal lui avait envoyé. — Il avale une perle qu'un marchand était venu lui faire voir. — La fièvre le reprend à la suite de quelques imprudences. — Elle le quitte tout à fait. -:- Il va assister, au Pardo, à une fête donnée par le roi. — Il devient amoureux d'une des filles du concierge du palais. — Il fait une chute dans un escalier en allant la voir, et se blesse à la tète. — Les gens de sa maison et ses médecins accourent à ses cris. — Paroles de Quijada au licencié qui lui met le premier appareil. — Le roi, averti par don Garcia de Tolède, fait partir pour Alpala plusieurs de ses médecins. — Il y vient lui-même, mais il retourne bientôt à Madrid, rassuré par les déclarations des hommes de l'art. — Jugement sur les médecins espagnols de ce temps. — Caractère grave que prend la blessure de don Carlos; symptômes alarmants. — Le docteur Olivarès cherche IP tranquilliser le prince; repartie de don Carlos.

— On lui découvre le crâne. — Le roi accourt à Alcala. — Une légère amélioration dans l'état du malade est suivie des complications les plus inquiétantes; il tombe en délire. — Le roi fait dire des prières et faire des processions dans toute l'Espagne; il appelle un empirique de Valence ; il prodigue à son fils les soins les plus affectueux. <^ Dévouement du duc d'Albe, de don Garcia de Tolède, de Quijada et* de tous les serviteurs du prince. — Regret exprimé par don Carlos à son père. — Patience et douceur qu'il montre pendant sa maladie. — Part qoe l'Espagne entière prend à l'affliction du roi. — Marques éclatantes de la douleur de la reine et de la princesse dona Juana. — Sentiments divers des Flamands, des Italiens, des Portugais, des Français et des partisans de la branche allemande de la maison d'Autriche. — Les médecins désespèrent de la vie de don Carlos. — Le **oi quitte Alcala, laissant des instructions pour les obsèques de son Q^ls au duc d'Albe et au comte de Feria. — Don Carlos est trépané. -^- On apporte dans sa chambre et on lui fait toucher le corps de fray

Diego, religieux de Saint-François. — Soulagement instantané qu'il éprouve.

— Fray Diego lui apparaît la nuit et le rassure. — Arrivée de l'empirique de Valence ; application de ses onguents, dont on n'est point satisfait ; il est congédié. — Le roi, instruit du changement inespéré qui est survenu dans l'état de son lils, revient à Alcala. — Don Carlos perd la vue. — Il la recouvre au moyen d'une opération pratiquée par le conseil de Vésale. — Le roi repart pour Madrid : il témoigne sa reconnaissance envers Dieu, en faisant distribuer des aumônes, mettre en liberté des prisonniers pour dettes, et en assistant à une procession solennelle. — Extraction d'un os de la tête de don Carlos. — Cicatrisation de sa plaie. — Sa convalescence et son rétablissement. — Les ambassadeurs de Venise vont le féliciter : détails qu'ils donnent sur leur entrevue avec lui. — 11 va rejoindre la famille royale. — Joie des Madrilègnes en le revoyant. — Félicitations adressées au roi et à son fils par les princes étrangers. — Réponse de don Carlos à l'empereur.

— Il prie son père de solliciter du pape la canonisation de fray Diego.

Don Carlos dépérissait de jour en jour, consumé par la fièvre qui le dévorait depuis plus de deux années déjà, malgré tous les moyens employés pour la combattre *. La science, à cette époque, n'avait pas à sa disposition ce précieux spécifique, le quinquina, dont la découverte ne se fit qu'un siècle plus tard - : les médecins conseillèrent au roi de le faire changer d'air ; ils étaient d'avis que le prince fut envoyé de préférence dans quelque lieu du littoral de la Méditerranée. Philippe écrivit aux corrégidors de Gibraltar, de Malaga et deMurcie, afin desavoir 1° si la ville où ils habitaient était propre pour la guérison de la fièvre quarte; 2° quel était son état sanitaire, actuel et précédent; 3° s'il y régnait ou y avait régné des maladies dangereuses ou con-

\. « ... Se trouvant ledicl pouvre prince si affligé et tant exténué que, s'il ne pert ce mal pour tout cet hiver, la plus saine .et commune opinion des médecins siens est qu'il s'en va éthique et sans grande espérance dd l'avenir... >> (Mémoire de l'évèque de Limoges pour Charles IX, du 5 septembre 1561.)

â. Il fut apporté en Espagne, en 1640, par la femme du comte de Chin — chon, vice-roi du Pérou; on ne le connut en France qu'en 1670. (Bou-— CHARDÂT, Manuel de matière médicale.)

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