‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 57 sur 358 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

prince commença d'offrir* un aspect plus inquiétant. Dans la nuit, le malade se réveilla avec une fièvre ardente, un grand mal de tête et les mômes douleurs, mais plus intenses, au cou et à la jambe, qu'il nvait éprouvées les premiers jours. Don Garcia de Tolède manda le docteur Olivarès. Celui-ci, pour tranquilliser le prince, lui dit que ce n'était rien, que ce qu'il éprouvait était seulement un peu d'agitation; mais don Carlos repartit : « La fièvre, et le » onzième jour, dans un mal causé par une blessure à la » tête, c'est d'un mauvais augure ! » Il ne se trompait pas. Le mal devint si violent qu'on ne crut pas devoir le laisser dormir jusqu'au point du jour ^

Le 30, de grand matin, don Garcia de Tolède réunit les médecins et les chirurgiens du palais, au nombre de six, pour examiner ce qu'il y avait à faire. Tous furent d'avis que les symptômes qui s'offraient à leurs yeux accusaient une lésion au crâne et peut-être au cerveau % ils résolurent, afin de s'en assurer, de mettre à nu la partie du crâne sur laquelle la blessure s'étendait : cette opération se fit à l'instant même 3. Le résultat fut que le crâne était intact : seulement le péricràne paraissait avoir été légèrement atteint.

Philippe II donnait audience, ce jour-là, à l'ambassadeur de France, l'évêque de Limoges, quand deux gentilshommes dépêchés coup sur coup par don Garcia de Tolède vinrent

1. « La calentura era tan crecida que convino no le dejar dormir Iiasta el amanecer. » (Relation de Daza.)

2. Lettre dePaolo Tiepolo, du 16 mai 1562. Elle est dans les Appendices , de noire 1«« édition.

Ce diplomate reproche aussi leur ignorance aux médecins espagnols, et dit que l'état d'inflammation de don Carlos était produit par les humeurs vicieuses qu'il y avait en lui.

Dans une lettre à Charles IX, du 11 mai 1562, l'évoque de Limoge«

lui apprendre le fâcheux changement qui s'était opéré dans l'état de son iils , et la détermination à laquelle s'étaien arrêtés les médecins. Il se mit en route la nuit même poui Alcala, emmenant avec Ipi Vésale * et un autre médecin d( sa chambre, le docteur Mena, ainsi que ses deux ministre: principaux, le duc d'Albe et le prince d'Eboli ; les autre membres de son conseil, avec les dignitaires de sa cour, l';; suivirent à quelques heures d'intervalle *. A son arrivée, 1 prince était mieux ; le sang qu'il avait perdu en abondanc lui avait procuré quelque soulagement : Philippe s'empressi d'expédier un courrier à la reine, pour lui en donner avis ^

donne la forme et la dimension suivante à la partie du crâne qui fut mis à découvert :

La même forme lui est donnée par l'ambassadeur de Venise, mais aT( une dimension moindre, si j'en juge par la copie que M. le chevalit Mutinelli m'a envoyée.

1. Après avoir été le médecin de Charles V, Vésale était passé, avec même litre, au service de Philippe II.

D'après la lettre de l'ambassadeur de Florence, du ier mai 1562, les decins espagnols avaient fait en sorte que Vésale ne vînt point à Alcau « E questimedicispagnoli hanno indugialo sino aora a vôlereil Vesalio..

Il est juste d'ajouter pourtant que, dans sa relation, lo licencié 1 qualifie Vésale, tantôt de hombre doctissimo^ tantôt ôHnsigne y raro i i

2. Mémoire de Tévéque de Limoges pour Charles IX , du 10 mai id6 — Lettre de l'ambassadeur de Florence, du 14 mai.

3. « Ora, che è di notte, è venulo un corriero alla regina, che riferi»

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