CHAPITRE IV
ils se voyaient menacés de tomber sous le joug des Castillans, ce qu*ils aimaient aussi peu que les Turcs. » Les Français, avec plus de discrétion, considéraient que la mort- de don Carlos ouvrirait le chemin du trône aux enfants que le roi aurait d'Elisabeth. Les partisans de la branche allemande 4e la maison d'Autriche, de leur côté , voyaient déjà les princes de Bohême appelés à recueillir l'héritage de la branche espagnole * .
Neuf médecins et chirurgiens ^ étaient réunis autour du lit
de don Carlos ; ils avaient épuisé les ressources de leur art ;
^ous leurs efforts étaient restés vains. Dans la soirée du
8 lïiai, rétat du malade s'aggrava à un tel point que, selon
leur jugement unanime, il n'avait plus que trois ou quatre
"6ures à vivre. Les ministres du roi lui conseillèrent de s'é-
'^'gner, pour n'être pas témoin d'un spectacle qui lui aurait
^6chiré le cœur : Philippe partit au milieu de la nuit, par
^^^ obscurité et une tempête affreuse, en proie à une dou-
'eur inexprimable, et souffrant lui-même de la fièvre, résultat
"^s peines d'esprit et de corps qu'il venait d'endurer. Le duc
"*A.lbe.et le comte de Feria restèrent à Alcala : le roi leur
'^is§a ses instructions sur la manière dont il désirait que se
"^^ent les obsèques de son fils. La mort de don Carlos pa-
'^^i^sait si imminente, que plusieurs des personnes de sa mai-
^^ri firent provision de drap pour leurs vêtements de deuil ^.
Les médecins étaient divisés d'opinion sur le caractère de
t. Lettre de Tévêque de Limoges à Charles. IX, du 11 mai 1562. ^. C'était, selon la relation de Daza, les docteurs Gutierez, Vega, Oli- ^^l'ès, Vésale, Mena, Portuguès, Pedro de Torrès, le bachelier Torrès et ^ licencié Daza.
Le secrétaire Courtewille, dans sa relation du 23 mai, dit qu'il y en ^V^it onze : « Il fut comme abandonné des médecins, qui estiont en ** nombre de unze, et n'y eut nul d'eulx à qui il sembla qu'il poeust vivre ** plus de III ou ï\u heures. »