‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 81 sur 358 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ambassadeur de Ferdinand à sa cour *. 11 en écrivit vraisemblablement aussi à la reine, sa sœur.

Maximilien fut touché de la lettre de son beau-frère : le caractère de ce prince était tel qu'avec des paroles amicales et douces on pouvait beaucoup sur lui ^. En lui présentant cette lettre, le comte de Luna s'appliqua, par ses discours, à en augmenter l'effet. Il lui dit que les seuls motifs qui avaient engagé son maître à l'écrire étaient l'amour fraternel qu'il lui portait et le souci qu'il avait de son honneur,, de sa réputation, de sa grandeur, égal à celui qu'il avait des siens propres; que, convaincu que ces grands objets dépendaient du maintien de la religion, ainsi que Tex- Périence du passé le montrait clairement, il n'avait pu se dispenser d'appeler l'attention du roi sur ce qu'avait de cri-

1 . C'est ce qui résulte d'une lettre du duc d'Albe à Philippe II que nous

^Vouis sous les yeux. Dans cette lettre, qui est datée du 23 juin 1568, le duc

*^iine son avis sur la forme ei? laquelle le roi doit répondre à l'empereui

"■^^imilien, qui réclamait le retour de ses fils en Autriche. Il s'exprim *insi :

<* Pues he comehçado esta materia, no dejaré de decir â V M. el camino ÏUe me paresce que, tratando de sus hijos, al emperador se le podria res- Pooder, para se^ir el mi^mo que se tuvo para Itacerles eiiviar îl V. M., Parque creo fui yo solo a quien V. M. mandô que lo tratase ; que me ^cuerdo que apretô Martin de Guzman mucho en que se resolviese V. M. luego en e! casamiento de Su Alteza con la princesa Ana ; y lanto para ^esviar entonces. aquella plâtica cuanto para ver si se podria salir con '**aer los principes à Espatîa, me mandô V. M. que le digese que V. M. ^^ndia muy atenlamente al bien de ambas casas, y que miraba las cosas Parvenir para la conservacion délias, y queriendo prévenir à muchas cosas ^^ 'as que podrian suceder, y que a todo lo que à eslo convenia era que ^^^ hijos fuesen conoscidos en Espana ; y en el bablarle yo, aunque las P^abras fueron eslas en el semblante, le di sombras grandes de que él se '**Preôô lanto que vino à hacerse el efecto de ambos sus hijos... » (Arch. ® ^imancas, Estado, leg. 539.)

^ ^ «c ... A lo que yo he podido enlender, después que Irato alrey, de su con-

**^^on y manera, es que, tratândole con amor y blandura, por via de

i^iîsiad y de consejo se podrâ mucho con él... » (Dépêche du comle de

. ^Oa à Philippe II, du 29 janvier 1561, dans la Colecvion de documcnloa

^^fiitus para lahistoria de Espana, t. XXVI, p. 410.)

tique la situation de la majeure partie de la chrétienté, en prc à toute sorte de sectes et d'opinions qui pervertissaient esprits et corrompaient les âmes ; que, dans ces circonstance il importait aux princes d*etre sur leurs gardes et vigilant tant pour remédier au désordre que pour éviter toute occ^ sion qui put les faire soupçonner de connivence aux erreui et aux nouveautés courantes : car, comme chacun avait U yeux fixés sur eux, ils pouvaient, à leur gré, prévenir o causer beaucoup de mal, les sujets et les inférieurs état prompts à concevoir les choses, et plus prompts encore adopter celles qui entraînent avec elles la liberté de vivre sa guise; que, pour tous ces motifs, il convenait beaucoup non-seulement de s'abstenir avec soin de donner de telle occasions, mais encore d'écarter tous les soupçons par de actes publics. Il exprima enfin la confiance que Maximilier à la prudence et aux lumières de qui chacun rendait hoir mage, comprendrait mieux que personne tout ce qu'a pourrait lui représenter là-dessus, et qu'il se conduirait e cela selon Tobligation que lui avaient transmise tant et de valeureux princes catholiques, ses prédécesseurs *. Lur annonça ensuite au roi qu'un ambassadeur allait partir c Madrid pour le Portugal, afin de négocier le mariage i rarchiduchesse Elisabeth avec don Sébastien. Il termina e le remerciant, au nom de son souverain, des démarch qu'il avait faites auprès de plusieurs princes d'AlIemagn pour les engager à députer au concile de Trente.

Maximilien lui répondit : « Le roi m'a fait une gra » faveur par sa lettre, et je puis dire qu'il y a longten » qu'aucune chose ne m'a causé autant déplaisir, parce qu » dans cette lettre, il me dit de très-bonnes paroles. Je r

i. Dépêche du comte de Luna, du 29 janvier 1561, déjà citée.

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