CHAPITRE V
j> connais qu'elles lui ont été dictées par Taffection et la bien- . » veillance qu'il me porte. S'il m'était donné de montrer, » par les effets, le désir que j*ai de lé serv ir, il s'assurerait «que je le mérite; mais je regrette de n'en avoir pas eu » l'occasion. Vous pouvez lui marquer que je lui baise les »^iïiains pour sa lettre, que j'apprécie la faveur qu'il méfait, » et que je suis convaincu que ce qu'il m'écrit procède de » ses bons sentiments à mon égard. Quanta l'affaire du con- » cile, je n'ai rien à ajouter à mes déclarations précédentes; * j'observerai ce que j'ai promis, et plut à Dieu que tous ceux » qui ont à y intervenir en lissent autant, car alors le concile » aurait le résultat désiré ! En ce qui concerne le mariage »> de l'archiduchesse Elisabeth, je remercie le roi du soin *> qu'il prend des choses qui me touchent, bien que je les *> tienne pour siennes propres, puisque nous et nos enfants » nous sommes tous à lui *. »
Il chargea le comte de Luna de faire savoir à sa cour qu'il
avait le dessein d'envoyer le prince de Bohême à Madrid,
pour qu'il y fut élevé, si le roi le permettait. Il lui expliqua les
ï^otifs qui l'avaient engagé à prendre cette resolution, dans
'^quelle il se flattait que son beau-frère trouverait un témoi-
gïîage signalé de son affection et de son dévouement : d'une
P^rt, dit-il à l'ambassadeur, il était persuadé que son fils
ï'ecevrait une meilleure éducation en Espagne ; il craignait
9^ en Allemagne, vu la situation où se trouvait ce pays, il
^^ fut exposé à l'influence de maximes dangereuses; d'autre
P^H, il voulait que le prince de Bohême connut le roi et le
P'^ince desu Asturics. Il parut toutefois regretter, quelques
l^Urs après, de s'être avancé autant : il fit prier le comte de
^^na, par la reine, de ne pas écrire à Madrid que c'était lui
^' Dépêche du comte de Luna, du 29 janvier 1561.
qui avait propoèé Tenvoi de son fils en Espagne, mais dire que c'était la reine, et que lui, pour complaire à ë femme et à son beau-frère, y avait consenti *. Sîngul scrupule et précaution étrange de la part d'un prince aus intelligent que Maximilien ! car, malgré tout ce que pouva promettre le comte de Luna, il devait bien s'attendre que c diplomate rendrait au roi d'Espagne uti compte fidèle de c qui s'était passé.
La résolution de Maximilien causa une joie extrême à la reine, sa femme. Zélée catholique, Marie d'Autriche l'avait vu avec chagrin se laisser aller aux opinions dès novateurs et introduire dans sa maison, dans son intimité, des personnes suspectes en matière de foi. Elle s'en était plainU souvent et amèrement, du vivant de l'empereur Charles- Quint ^. Ce qui la préoccupait surtout, c'était la crainte qu< la contagion de rhérésic ne se communiquât à ses enfants ^ Leur dé])art pour l'Espagne la tirait d'inquiétude. Le roi son mari, n'avait, à la vérité, parlé que du prince Rodolphe mais elle ne doutait pas qu'il ne consentît à y envoyer ausi l'archiduc Ernest. Quant à l'empereut* Ferdinand , il ava toujours souhaité la réconciliation de son fils et de so: neveu ; il approuva donc de tout son pouvoir l'offre d Maximilien, et exprima le désir qu'elle se réalisât dans ui bref délai *.
Le courrier qui apportait ces nouvelles à Philippe II lu parvint dans un temps où elles devaient lui être particuliè rement agréables. Des événements se passaient en Franc