‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 92 sur 358 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

à h colère et beaucoup de hardiesse. Il est très-curieux : à toutes les personnes avec qui il parle il fait de nombreuses questions, et veut tout savoir. Il a le menton qui avance. On croit qu'il sera plus porté à faire la guerre et à s'agrandir que son père *. »

Paolo Tiepolo, qui avait résidé deux ans et quelques mois à la cour de Madrid, en qualité d'ambassadeur ordinaire de la sérénissime Seigneurie, disait, à son tour, au sénat, en 1563 :

« Le prince don Carlos est très-petit de taille^. Sa figure est laide et désagréable. Il est de complexion mélancolique : c'est pourquoi il a, pendant trois ans, presque sans interruption, souffert de la fièvre quarte, avec aliénation d'esprit parfois : accident d'autant plus notable chez lui qu'il paraît en avoir hérité xle sa bisaïeule. Par suite d'une aussi longue maladie, mais plus encore du mal très-dangereux qu'il a eu dernièrement ^, et tlont, selon l'opinion commune, il a été délivré d'une manière miraculeuse, il est demeuré extrêmement faible et languissant, outre que, de sa nature, il n'a

pas beaucoup de santé ni de vigueur Lorsqu'il est passé

de l'enfance à la puberté, on ne l'a vu prendre plaisir ni à l'étude, ni aux armes *, ni à l'équitation, ni à d'autres choges

1. K II principe Carlo è d'anni 16 Ê Sua AUezza di statara picciola,

di faccia non bella. Mostra in ciera iracondia et baver spirito assai. Ê eu riosa d'intender le eose ; anche con tutti quelli cU'ella parla le fa mollo inlerrogazioni et ogni cosa vuol sapere. Ha anchor lei il mento in fuori. Si fa giudicio ch'ella debba baver più il pensiero aile armi et alla grandezza che non ba il padre. » (Ârcbives de Venise et do Turin.)

â. Il avait grandi depuis. Voy. p. 133.

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