A la suite de 8a cbule à Alcala
4. Ce que Tiepolo dit ici du peu de goût de don Carlos pour les armes est confirmé par les comptes de sa maison^ Il devait payer à son maître d'escrime, Juan Fernandez, un écu pour cbaque jour qu'il ne prenait pas leçon , et les payements de cette nature figurent assez fréquemment
liO DON CARLOS ET PHILIPPE II
vertueuses,' honnêtes et plaisantes, mais seulement à faire mal à autrui. Ainsi , quand des personnes qui lui paraissent de peu de considération se présentent devant lui, il leur «fait donner le fouet ou la bastonnade, et il n*y a pas longtemps qu'il voulait absolument que quelqu'un fut châtré. Il n'aime personne, qu'on sache; mais il y a beaucoup de gens qu'il hait à mort. Il est enchanté de recevoir des présents et il les recherche ; mais il n'en fait point aux autres ^ Dans tout il montre de la répugnance à être utile et une très-grande inclination à nuire. Il est ferme, obstiné même dans ses opinions. Il parle avec difliculté et lenteur, et ses paroles manquent de suite. Eu égard à son âge do dix-sept ans, il s'entend très-peu aux choses du monde; et, quoique les Espagnols, qui ont coutume d'exagérer leurs faits et de s'émerveiller de tout , exaltent quelques questions qu'il adresse indistinctement à tous ceux qui l'approchent, d'autres, avec plus de fondement peut-être, tirent de l'inopportunité de ces questions un argument peu favorable à son intelligence '^. »
Le successeur de Paolo Tiepolo à Madrid, Giovanni Soranzo, ajoute à ce portrait de don Carlos, dans sa relation au sénat, faite en 1565, des traits qui le complètent : « Le
dans ces comptes. (Voy. Coleccion de documentas ineditos para la historia de EspaPa, t. XX VII, pp. 81, 83, 84, 99.) Mais, quelque temps après, un grand changement dut s'opérer en lui : car nous lisons, dans la relation de 1567 d'Antonio Tiepolo, que chaque jour il employait piasiears heures à monter à cheval et à faire des armes : a Cavalca ed esercita Far- » meggiare ogni giorno moite ore.... » (âlbéri, sér. I, t. V.*p. 148.)
1. Cependant nous en voyons figurer un assez grand nombre dans ses comptes, et Antonio Tiepolo assure qu'il donnait volontiers et beaneonp; qu'il était même très-magnifique, quand il voulait faire du bien à quelqu'un, ce qui arrivait assez souvent : « Dona volentieri moltogrossamenle ed » è splendidissimo qnando vuole beneficare alcuno, il che fa assai spesso. » ilbid,)