‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 120 sur 172 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Don Carlos dans sa prison. — Surveillance et régime intérieur auxquels il est soumis. — Le roi le relègue au fond d'une tour. — Il donne les autres pièces do son appartement à Ruy Gômez, qu’il appelle à remplacer le duc de Feria, et à sa femme — De nouveaux gentilshommes sont attachés au service du prisonnier. — Adieux touchants qu’il fait à don Rodrigo de Mendoza. — Le roi licencie sa maison et dispose de ses chevaux. — Désespoir de don Carlos ; il essaye de se faire mourir d'inanition, et reste cinquante heures sans prendre d'aliment.

— Les médecins le croient perdu. — Assertion de Cabrera, que Philippe II vit et conforta son fils, réfutée par des témoignages irrécusables. — la nature est plus forte que don Carlos; il mange, et sa santé devient meilleure qu'auparavant. — Règles minutieuses prescrites par le roi pour mieux assurer la garde de son fils. — Don Carlos, de plus en plus préoccupé du dessein de se détruire, avale un diamant qu’il portait au doigt; mais il le rend. — A l'approche de Pâques, il désire se confesser et recevoir la communion, que fray Diego de Chaves lui donne, après y avoir été autorisé. — Amendement qu’on remarque dans ses sentiments et dans ses paroles.

— Espoir, conçu par quelques personnes, d’une réconciliation du fils avec le père, et qui ne se réalise pas. — Explication que Philippe II donne à l’impératrice, sa soeur, des devoirs religieux accomplis par le prince, et qu’il transmet également au pape.— Résignation apparente de don Carlos ; il lit et écrit beaucoup. — 11 en revient à l'idée de se détruire. — Examen des causes attribuées, dans la relation rédigée par ordre du roi, à la maladie et à la mort de son fils.

— Observation de M. de Castro ; autorités citées par lui sur l'usage de la glace au xvi* siècle. — Témoignages authentiques de la grande consommation de neige que don Carlos faisait avant sa réclusion. —

Paroles d'une personne du palais à l'ambassadeur de Venise. — Reproche qui peut être adressés Philippe II. —Comment il y répond d’avance dans les instructions transmises à scs ambassadeurs. — Maladie de don Carlos ; ce qui la cause. — Il ne veut prendre aucun des remèdes qu'ordonnent les médecins. — État désespéré où il est réduit. — Il se confesse. — Il demande à voir son père, qui a la cruauté de lui répondre par un refus. — Prétendue bénédiction que le roi aurait donnée à son fils. — Don Carlos dicte ses dernières volontés.

— Il dispose de quelques joyaux et d'autres objets précieux qui lui appartiennent. — Sa dévotion à saint Jacques de Compostelle. — Circonstances de sa mort : il pardonne à ceux qui l’ont fait enfermer. — Le roi ordonne que le soir même son corps soit déposé au monastère de Saint- Dominique. — Détails sur cette cérémonie funèbre : ouverture du cercueil, qui est renouvelée deux fois depuis. — Retraite do Philippe à l’Escurial.— Obsèqucsà Madrid et dans les États dépendants de la monarchie espagnole. — Funérailles à Rome et à Paris : démonstrations de Pie V et de Catherine de Médicis ; embarras des ambassadeurs de Philippe dans ces deux cours. — Douleur que la mort de don Carlos cause en Espagne.— Jugement de Cabrera sur ce prince.— Opinion de M. Lafucnte. — Paroles de fray Diego de Chaves au baron de Dietricbstein. — Expressions de Brantôme. — Accusations contre Philippe II auxquelles donne lieu la mort de don Carlos.

— Peu de cas qu'elles méritent. — Philippe cependant no saurait être tenu pour tout à fait innocent de la mort de son fils.

Nous avons laissé don Carlos au moment où le roi venait de l’arrêter et de le placer sous la garde du duc de Feria, à qui Ruy Cornez, le prieur don Antonio de Tolède, Luis Quijada, le comte de Lerma et don Rodrigo de Mendoza devaient prêter leur concours.

La nuit qui suivit l'emprisonnement du prince, Feria, Lerma et Mendoza veillèrent dans sa chambre.

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