‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 122 sur 172 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

employé auprès de lui : le roi supposait-il, comme le donne à entendre un historien, qu’il y en eût, parmi eux, qui avaient été initiés aux projets de son lils, ou qui lui étaient trop dévoués (')? Indépendamment du comte de Lerma, cinq gentilshommes furent mis sous les ordres de Ruy Gomez pour la garde et le service du prince : c’était don Juan deBorja, frère du duc de Gandia, don Rodrigo de Benavides, frère du comte de Santislevan, don Gonzalo Chacon, frère du comte de la Puchla de Montai van, don Juan de Mendoza et don Francisco Manrique ( 2 ).

Quand Ruy Gomez, par le commandement du roi, donna connaissance de ces dispositions à don Carlos, le malheureux prince lui dit ces seules paroles : « Et « don Rodrigo de Mendoza, mon ami, Sa Majesté me « le relire aussi? » — « Oui, monseigneur, » répondit Ruy Gomez. Don Carlos fit venir Mendoza, et l’ayant pris dans ses bras : « Don Rodrigo, lui dit-il, je « regrette de ne vous avoir pas témoigné, par des « actes, l’affection que je vous porte et que j’aurai « toujours pour vous. Plaise à Dieu que je sois un

(') « So le apartaron algunos de los criados que mas tamiliarmente le serviao, que ânles cran instr umenlo para aguzarle en sus desseos y upélitos, que para aparlarle dellos. • (Hkrrlua, H istoria general delmundo, t. I, liv. X, cbap. II.}

(’) Lettre de Nobili, du 25 janvier 15G8. — Lettre italienne écrite de Madrid, lo 2G janvier. — Lettre de Cavalli, du 27 janvier. — Lettre de Tisnacq à Viglius, du 31 janvier-. — Lettre de l'archevêque de Hossauo, du 4 lévrier. — Lettre d'IIopperus à Viglius, du 7 lévrier, dans Joach.' Huppcri ad Viglium Epistoluc, p. 158. — Aviso d’un llaliano plàtico y familiar de Ruy Gomez. — Ragyuaglio delta prigionia del principe don Carlos.

« jour en situation de pouvoir vous en donner des « marques! » Alors, les yeux remplis de larmes, il l’étreignit de façon qu’on eut beaucoup de peine à l’en séparer. 11 n’y avait que peu de mois que don Rodrigo de Mendoza était attaché à sa personne; mais il avait reconnu dans oe jeune gentilhomme de la noblesse d'âme, de la courtoisie, une intelligence élevée, et il avait conçu une vive estime pour lui (').

Dans le même temps qu’il reléguait son fils en une tour du palais, Philippe 11 licenciait sa maison, et disposait des chevaux de son écurie ( 2 ). Une partie de ses officiers, les gentilshommes de la bouche notamment, ainsi que Martin de Gaztelu, son secrétaire, passèrent au service du roi ( 3 ).

Ces mesures ne pouvaient guère laisser de doute à don Carlos sur le sort qui lui était réservé. L’infortuné jeune homme s’abandonna au désespoir, et résolut de mourir, disant qu’un prince outragé et déshonoré ne devait plus vivre ( 4 ). Comme il n’avait point d’armes,

(') Aviso d'un Ualiano plâtico, etc.

{’) • S. M a licencié jà comme toute sa maison : dont beaucoup auront aussy ceslo particulière cause de regret. » (Lettre de Tisnacq à Viglius, du 3( janvier 1 568.)

(“) Lettres do Nobili, jjcs 25 et 27 janvier 1508. — Lettre de MarcantonioSauli, du 25 janvier. — Lettres de Cavalli, des 27 janvier et H février. — Lettre de Tisnacq, du 3t janvier. — Lettre do l'archevêque de Rossano, du 4 février. — Lettre de Fourquevaulx, du 5 février.

(*) n .... Délibéré di voler morire, con dir ebo un principe afTrontato et vergognato non doveva più viver.,.. • (Lettre de Cavalli, du 2-4 juillet I5ü8, dans l'Appendice C.) — Nobili, dans sa dépêche du 25 janvier, parle, surdos ouï-dire, de messages envoyés par don Carlos à son père : • Ni s'è visto altri motivi senou qualchc imbasciala die ba mandata a n suo l 'adre, che non si sa, ma dicesi ebe lion sono anco digne di con-

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