‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 134 sur 172 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

voyé de Florence, Leonardo de Nobili, est le seul, entre les ambassadeurs, qui fasse mention de l’opposition de fray Diego de Chaves, et encore il ne l'affirme pas ; il la rapporte d’après le bruit public ('). Nous n’y ajoutons aucune foi, pour notre part, pas plus qu’à la prétendue bénédiction que, toujours selon Cabrera, Philippe aurait donnée à son fils, entre les épaules du prieur don Antonio et celles de Ruy GomczQ. Mais en admettant, bien gratuitement, que le confesseur de don Carlos eût dissuadé le roi de voir son fils, Philippe aurait-il dû suivre ce conseil? La voix de la nature ne lui parlait-elle pas plus haut que des raisons théologiques ou morales? N’avait -il pas des entrailles de père?

Don Carlos, on le sait ( 3 ) , avait fait un premier testament en 1564; le 22 juillet, il en dicta un nouveau {*) à Martin de Gaztelû, qui, dix années auparavant, avait reçu, au monastère de Y uste, l’acte des dernières volontés de Charles-Quint f). Il y affectait à ses créanciers la dot de sa mère, qui était de 200,000 écus, et suppliait le roi de vouloir, pour la décharge de sa

(’) • .... Tre giorni avaoti alla sua morte, domandô di veder suo padre, il quale dicono era risoluto di andar da lui, ma il coufessor del principe ne lo dissuase (Lettre du 30 juillet <568.)

(’) « Alguuas boras ânles de su fallescimiento, por entre los onbros del prior don Antonio i de Rui Gomez, le ecbè su bendicion. » (Felipe II, liv. VIII, chap. V, p. 496.)

(') Voy. pp. <25 et suiv.

(*) Cest ce que rapporte Cabrera. Cavalli dit aussi, dans sa lettre du 3< juillet, que le prince * ha teslato, etc. •

( J ) Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de Yuste, t. I, pp. 325 et suir.

conscience, payer le surplus de scs dettes; il lui recommandait les officiers de sa maison qui l’avaient bien servi, disait-il, quoiqu’il les eût souvent maltraités; il appelait aussi scs bontés sur les gentilshommes préposés à sa garde ('). Il demandait enfin d’être inhumé dans l’église du couvent de Saint-Dominique, à Madrid, monastère de religieuses, de fondation royale. C’est tout ce qu’on connaît de ce testament, qui n’existe point dans les archives d’Espagne (*).

Le même jour, don Carlos disposa de quelques joyaux et d’autres objets précieux qui lui appartenaient. Il donna au couvent d’Atocha, à Madrid, une bague garnie d’un riche diamant ( 3 ), ainsi qu’un cruficix d’or, ouvrage du fameux sculpteur Pompeo Leoni (*) ; quatre vases en or, de différente forme, aux repenties de Yalladolid ; des ornements de velours ou de brocard au monastère de Saint-Dominique, au couvent de Saint-Antoine de la Cabrera et à la communauté de Notre-Dame des Anges, à Madrid. Il avait toujours regarde Ruy Gomez comme le principal auteur de ses maux : pour montrer qu’il oubliait les injures, il le

(’) Cabheiu, I. c. — Lettre de Cavalli du 31 juillet. — Relation italienne de la mort du prince, dans VAppendice C.

(*) Philippe II l’avait probablement retenu par devers lui, avec les autres papiers de don Carlos; et le tout aura été brûlé en vertu de son codicille du 24 août! 597 (voy. p. 5)9), s’il ne l'avait livré au feu auparavant.

( s ) Déclaration de fray Diego de Cbaves, faite le 12 décembre 1684, au secrétaire de la conladuria mayor de cuentas. (Arch de Simancas, Contadurias generales, 1* época, leg. 405t.)

(*) Cédule du roi donnée à Saint-Laurent-le-Royal, le 2 avril 1577. [Ibid.)

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