PREMIÈRE LETTRE A CATHERINE DE MÉDICIS
19 janvier 1368.
Madame, il vous plaira avoir souvenance de ce que je vous ay e script, longtemps a, que si n’estoit pour le parler du monde, le roy catholique lougeroit son dis en une prison , pour les désordres qu’il faisoit, et ne pouvant estre maistre de luy. Vostre Majesté voit que le temps en est venu : car le prince est prisonnier dans sa chambre, les fers aux pieds, les fenestres condamnées, grosse garde aux portes, et parle-on de le transduire à la Motte de Médine, ou en aultre fort chasteau , près de Valladolid, ayant dit ce roy, de sa bouche, audict prince qu’il le traictera en roy et non en père.
Je mettré peine de sçavoir au vray l’occasion de sa prinse , bien que le bruict commun est qu’il vouloit tuer son père, ou s’eslever avec quelqu'un de ses royaumes, et ne fairay faulte d’en advertir Vostre Majesté
( f ) Il recliflr ecci dans *a lettre du 22 janvier.
APPENDICE fl
au premier jour , m’eslant ndvis que ce faict pourrait bien avoir rompu, non que retardé, le mariage dudict prince avec l'aisnée de Bohesme. Et ne sçaurois dire si Ruy Cornés entendoit parler de ce qui est ad\ enu, aux discours que je vous escripvis avoir eus avec, luy peu de jours devant les dernières couches de la royne vostre tille, me disant qu’il falloit voir ce que Dieu donnerait à ladicte dame, pour résouldre là-dessus tout plein de belles choses! Dieu vous ayme, madame, et il luy plaira conduire vos sainctes intentions & bon port, nonobstant tous empeschcments.
De Madrid, le 19 janvier 15G8.