‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 22 sur 172 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

l’entremise de son ambassadeur, de la démarche que Sa Sainteté venait de faire, et qui pouvait donner de lui une mauvaise opinion par toute la chrétienté; il lui fit observer que, s’il n’avait pas été décidé, comme il l'était, à se rendre aux Pays-Bas et à faire partir pour Rome l’archevêque de Tolède, c’eût été un mauvais moyen de l’en persuader que celui auquel elle avait eu recours; il la.supplia, lorsqu’elle voudrait mener quelque affaire à bonne fin , d’employer les voies convenables : car, si elles ne l'étaient pas, même en ce qu’elle désirerait et qui serait faisable, il pourrait arriver quelle n’atteignit point son but (*). L’évêque, par ordre de Pie V, l’avait engagé à ne pas employer la force pour la réduction de scs sujets des Pays-Bas, et à se servir de préférence des voies de négociation, à cause des maux que la guerre entraînerait à sa suite; il rejeta bien loin ce conseil : « Personne autant que « moi, lit-il dire au pape, ne doit désirer, et n’y a un <t si grand intérêt, que ces pays se soumettent sans « effusion de sang et sans ruine, puisque personne « n’y a ce que j’y ai ; mais la voie de la négociation

{’) • . .. Dirois à Su Santidad que yo no poodo dexar de quexarme à él .... que baya querido embiarme al obispo de Ascoli A persuadirmo lo que yo tengo, tan a cargo de bazer, y querido dar lan mulu voz de mi por toda la christiandad, con bazer demostracion de que se ha menesler, para que yo acuda à ello, embiarme embuxada lan pùblica.... ; y que, si yo no estuviera en ello como estoy, era mal camino para persuadirmo entrar.... ; y que suplico à Su Santidad, para venir al fin de las cosas, quiera usar de los inedios convinieul.es. porque, quando no lo fueren, aun en las cosas que Su Santidad quisiere y fueren muy bazederas, podria ser occasion de no salirsc con lo que sc prétende.... » (Lettre du roi au grand commandeur de Castille, du 26 novembre 1506.)

« avec eux est si mauvaise et*si pernicieuse pour le « service de Dieu et l’établissement de notre sainte foi « catholique, que j’ai mieux aimé m’exposer aux « hasards de la guerre, avec tous les maux et incon- « vénients qui en peuvent résulter, que de condes- « cendre à la moindre 'chose qui serait contraire à « cette même foi catholique et à l’autorité du saint- « siège : ce qui serait inévitable, si l’on en venaità des « pourparlers et à des arrangements ('). » Philippe terminait la lettre où il marquait ainsi ses volontés à son ambassadeur, par les prescriptions suivantes : « Vous parlerez à Sa Sainteté sur tout cela, en lui « en témoignant un grand déplaisir, dans les termes « qui pour cet effet vous paraîtront à propos; cl par « votre prudence et votre dextérité, vous ferez en « sorte qu’à l’avenir elle use de moyens convenables « et non violents comme elle l’a fait cette fois, en « vous servant, quand vous lui adresserez la parole, « de ces propres expressions. Vous lui donnerez à

(■) ABsimismo direis à Su Sanlidad que el dicho obispo me ha querido persuadir de su parle à que en el remedio deslas cosas no quiera usar ni aprovecharme de las armas, sino de la négociation, por los danos que de la guerra se podrian seguir, y que no hay nadie que tanto haya de dessear ni que lanlo le importe la reduccion de aquellos paises sin sangre ni destruccion dellos, romo à mimismo, pues nadie liene en ellos lo que yo ; y el medio de la négociation con ellos y trato es tan malo y pernicioso para el servicio de Dios y eslablecimiento de nueslra sauta le calolica. que yo lie querido ponerme antes à aventura de la guerra, con todos los inronvenientes y danos que délia se me podrian seguir, que venir à condescender en haverles de permitir ninguna cosa que fuesse contra ella ni do la auctoridad dessa sanc.la sede : lo quai, en veniendo â tralos y capilulaciones, no podria eseusarse. .. (Lettre du 26 novembre <366.;

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