CHAPITRE XII
lui confie la présidence des conseils d’État et de guerre, augmente sa dotation et lui promet de l'emmener aux Pays-Bas. — Ses rapports avec le prince sont meilleurs, mais pour peu de temps seulement. — Don Carlos lui ayant donné des motifs de plainte, il révoque une partie des choses qu’il lui avait accordées ; l'antipathie entre le père et le fils en devient plus forte que jamais. — L’empereur Maximilien, quoiqu'instruit des actions publiques et privées de don Carlos, insiste sur l'accomplissement du mariage projeté entre lui et l’archiduchesse Anne. — Hésitations de Philippe II ; conjectures diverses qu’elles peuvent faire naître. — Il montre plus d’ardeur pour un autre mariage : celui du roi don Sébastien de Portugal avec l’archiduchesse Élisabeth, que Charles IX recherchait. — Embarras de Maximilien, qui aurait préféré l’alliance avec la France, mais qui tient à conserver de bonnes relations avec le roi d’Espagne. — Réponses qu’il fait aux ambassadeurs des deux souverains. — Philippe II lui offre de régler les conditions du mariage du prince des Asturies avec la princesse Anne, lors de son prochain voyage aux Pays-Bas. — Maximilien résiste. — Philippe lui envoie en ambassade extraordinaire Luis Venegas de Figucroa. — Antécédents de cet ambassadeur. — Instructions qu’il reçoit du roi relativement aux deux mariages. — Son départ pour Vienne. — Présents dont il est porteur pour l’archiduchesse Anne — Don Carlos fait preuve de virilité : joie qu’il en éprouve; avis qu’il en donne au baron de Dietricbstein ; libéralités qu’il distribue à cette occasion. — Déçu do son attente, il prend l’habitude de fréquenter les mauvais lieux. — Prodigalités auxquelles il se livre. — Il veut forcer Nicolo Grimaldi de lui prêter cent mille • écus. — Le roi, informé de ce fait, reprend vivement son fils. — Arrivée de Venegas à Vienne. — Maximilien fait des objections à la demande de sa seconde fille pour le roi de Portugal, et insiste sur le mariage de la première avec don Carlos. — Venegas engage le roi à se rendre aux vœux de l’empereur. — Philippe 11 s'applique à convaincre le monde de sa volonté de passer aux Pays-Bas. — Il fait faire des communications en ce sens aux cours étrangères, et transmet des assurances analogues à la duchesse de Parme et au cardinal de Granvelle. — Il donne avis à son fils, aux archiducs Rodolphe et Ernest et à don Juan d’Autriche de se tenir prêts à l'accompagner. — 11 tient un langage non moins significatif a l’ambassadeur de France et au nonce. — Préparatifs de nature a confirmer le public dans l’idée
que le roi va quitter l'Espagne. — Doutes qui subsistent néanmoins a Madrid dans l'esprit de quelques personnes : lettres écrites à ce sujet par Hopperus, l'archevêque de Rossano, le baron de Dietricbslein et le seigneur de Fourquevaulx. — L'événement donne raison à coux qui ne croyaient pas au voyage. — Paroles du prince d'Eboli à Fourquevaulx. — Arrivée de deux courriers du duc d’Albe. — Observations du nonce a Philippe II ; réponse du roi. — Nouvelle de l'arrestation des comtes d'Egmont et de Hornes, — Communication officielle du président d’Espinosa au nonce. — Communications semblables faites aux ambassadeurs de France et d'Autriche par le prince d'Eboli et le prieur don Antonio de Tolède. — Longue et importante dépècbo do Philippe II à son ambassadeur a Rome. — H écrit en la même substance à ses ambassadeurs dans les autres cours. — Chagrin de l’archiduchesse Anne, en apprenant la remise du voyage. — L'empereur se montre de bonne composition ; il adresse à Philippe 11 une lettre pleine de témoignages de condescendance. — Réponse de Philippe à Yenegus au sujet de don Carlos. — Commentaires auxquels donne lieu, h Madrid, le changement survenu dans les résolutions du roi. — Incertitude qui existe encore aujourdh'ui sur le point de savoir si Philippe II eut réellement la volonté de partir pour les Pays-Bas. — Propos que Philippe lient là-dessus à la reine Élisabeth. — Conjectures sur les motifs pour lesquels il aurait changé de dessein, au cas qu’il eût été décidé d'abord à faire ce voyage. — Conclusion.
Les eortès de Castille avaient été convoquées pour le 1 er décembre 1oG6. Philippe II en fil l’ouverture le 1 1 décembre au palais de Madrid, entouré des grands officiers de sa maison, de Diego d’Espinosa, à qui appartenait la présidence de cette assemblée en sa qualité de président .du conseil royal, du licencié Francisco de Menchaca. du docteur Martin de Velasco et du secrétaire d’Etat Francisco de Erasso, désignés