CHAPITRE XII
comme nécessaires et même indispensables, tant pour le remède.que réclamaient les choses de la religion, que pour la sécurité et l’établissement solide des affaires de l’Etat, je me déterminai à faire ce voyage, malgré les difficultés et les inconvénients qui y étaient attachés, et qui n’étaient pas de peu de considération. Cette détermination prise, il était essentiel, pour le but auquel je voulais parvenir, indépendamment de ce qui louchait la sûreté de ma personne, que j’eusse les forces requises alin de pouvoir user d’autorité et de rigueur là où il en serait besoin, et de pacilier les esprits qui, dans le pays et dehors, avaient de mauvaises intentions; il fallut donc s’occuper du temps et de la forme dans lesquels mon voyage aurait lieu, et des mesures qui seraient à exécuter préalablement. Le tout bien pesé, il parut que je devais maintenir et même accroître les troupes indigènes que j’avais dans les Pays-Bas, pour que l’illustrissime madame de Parme, ma sœur, et ceux de mes serviteurs qui élaient disposés à lui prêter leur concours, réduisissent ces provinces sous mon obéissance: que, de plus, il convenait d’y faire entrer un certain nombre d’infanterie espagnole et quelques régiments de cavalerie allemande, en envoyant une personne d’autorité qui
mirar como se goviernan y enderozan, no se deve ir cou precipitacion, sino preveniéndolas y disponiéndolas para que maduramente y anleviendo las dilflcullades é inconvenientes, y preveniendo todo lo que es menestcr.se disponga, pues aquello que se baze bien no se baze tarde.
« Del Escurial. a xxn do septembre 4567. »
(Arcb. de Simancas, Eslario, leg. 904-.)
les conduisit et assistât la gouvernante, et je choisis, à cet effet, le duc d’Albe.
« Vu le moment où furent adoptées les mesures dont il vient d’être parlé, et les dispositions et diligences qu’on lit de toute part pour y donner suite, je m’assurais qu’au commencement du mois d’août, le duc serait arrivé aux Pays-Bas, et y aurait effectué ce qui lui avait été prescrit , de manière que je pusse me mettre en route en temps et saison : dans cette confiance , j’ordonnai que la flotte destinée à me transporter en Flandre, par la mer du Ponant, fût prête dès les premiers jours d’août. Grâce à Dieu, le duc, comme vous le savez, et comme Sa Sainteté en est instruite, a passé avec son armée en toute sûreté, et est entré dans les Pays-Bas pacifiquement. Mais, à cause de plusieurs indispositions qu’il a eues, de la longueur et des embarras du chemin, des difficultés qu’il a rencontrées, des préparatifs qu’a nécessités son voyage, il y est arrivé beaucoup plus lard qu’on ne l’avait pensé.
« Il était cependant nécessaire, pour que je me misse en roule, non-seulement que le duc fût entré dans les Pays-Bas, mais encore qu’il y eût accompli certains actes qui devaient précéder mon départ : les choses en effet en sont venues au point, dans ces provinces, qu’il faut d’abord y déployer la rigueur de la justice, pour user après de clémence cl de bénignité. Or. le premier moyen étant dur et de nature à exciter la haine , il convient qu’il soit mis en pratique en mon absence, et par l'intermédiaire et la main des