‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 54 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

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grâce que Dieu , notre seigneur , m’a accordée . en ramenant les affaires dans les Pays-Bas à l’état où elles sont aujourd’hui, ne produirait pas véritablement le fruit pour lequel on doit croire qu’il les a ainsi dirigées. Sans ma présence, effectivement, ni le vrai remède ne saurait être apporté aux maux de la religion, ni une entière sécurité ne saurait être garantie à l'Etat.

« Vous direz enfin à Sa Sainteté que, si le zèle fervent et saint qu’elle a pour les choses du service de Dieu et de sa religion, et l’amour particulier qu’elle inc témoigne, comme à son vrai fils, la portent à trouver préjudiciable tout délai, et à désirerqu’on en vienne bientôt à l’exécution de ce qui est projeté, elle veuille également considérer, avec sa grande prudence, que, dans les affaires majeures, où il est tant besoin de se conduire prudemment, on ne doit pas aller avec précipitation, mais avee maturité, et en prévoyant, pour les écarter, les obstacles qu’on peut rencontrer sur son chemin, puisque ce qui se fait bien ne se fait pas trop tard ('). »

Le roi écrivit, en la même substance, à s^unbassadeurs dans les autres cours ( 2 ). Les narres qui

(') I-oisque Requesens rendit compte an pape des motifs qui portaient le roi à différer son voyage aux Pays-Bas, déjà Pie V y était préparé par une communication du duc d'Albe, et il s'en montra satisfait. (Correspondance de Philippe II, etc.,"t. I, pp. 581, 589, 590.)

Philippe II fut enchanté du succès de ses combinaisons auprès do la cour do Home, comme nous ^'apprend une lettre do l'archevêque do Rossanoau cardinal Alessandrino. du 18 décembre 1587. (Bibliothèque nationale, à Madrid, MS. X I7i, p. 530.)

(*) Voir, dans la Coleccion de documentas inédites, elc. . I. XXVIII,

devaient servir à son voyage furent désarmés ; les ■ provisions de guerre et de bouche qu'on y avait embarquées furent rapportées à terre, et des contreordres donnés pour toutes les autres dispositions qui avaient été prises (').

Philippe pouvait craindre que sa détermination ne fût mal reçue à Vienne, puisque le mariage de l'archiduchesse Anne, objet de toutes les sollicitudes de l’empereur, allait en souffrir un nouveau délai; Venegas fut chargé de l’expliquer et de la justifier. Ce diplomate y réussit sans beaucoup de peine. En apprenant que le voyage de son oncle était remis, la jeune archiduchesse en avait conçu un tel chagrin qu’elle avait été vingt- quatre heures sans vouloir prendre d’aliment ( J ) : l’empereur, au lieu de se plaindre, adressa au roi, son beau-frère, une lettre pleine de témoignages de condescendance. « En ce qui « concerne l’alfaire d’Anne, lui disait-il, je baise les « mains à Votre Altesse pour la manière franche « dont elle s’explique avec moi, et que je mérite par « mon^vouciucnt à son service. J’ai vu la lettre de « Luis venegas. Certes je ressens le déplaisir de « Votre Altesse, plus enpore peut-être que le. chagrin « de ma fille, et néanmoins, je l’avoue, j’ai pour

p. 427, sa lettre du 27 septembre <567 à don llernundo Carillo, son ambassadeur à Lisbonne.

(') Lettre de Eourquevaulx à Charles IX, du 23 septembre <367. — Lettre de Dietricbstein à Maximilieu, Su 20 septembre, dans Quetlen, etc., p. <94.

(*) Posl-scripluin d’une lettre de Cliaulonay, saus date, qui est aux Archives de Simancas.

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