‹ Don Carlos et Philppe IIChapitre 8 sur 172 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

qu'en conséquence, il se réservait le pouvoir de punir les auteurs des délits commis contre la religion ou contre sa souveraineté, et spécialement ceux qui en avaient été les principaux instigateurs ('). Il ordonna à Hoyos de dresser acte de celle déclaration, qui poulie moment devait demeurer secrète, mais qui serait rendue publique en temps opportun ( 2 ). Trois jours après, il chargea le grand commandeur de Castille, son ambassadeur à Rome, de faire connaître confidentiellement au pape que, l’inquisition ayant été établie aux Pays-Bas par les souverains pontifes, l’abolition qu’il en avait accordée ne pouvait avoir de force qu'avec le consentement du saint-siège ; que, si le nouveau projet de modération des placards qui lui serait soumis devait, en quoi que ce fût, affaiblir le châtiment des mauvais , il y refuserait son approbation ; que le pardon général ne concernait pas les délits qui étaient du ressort de l’autorité ecclésiastique. « Ainsi — disait-il au grand commandeur — vous « pouvez assurer Sa Sainteté que, avant de souffrir « la moindre chose qui porte préjudice à la religion « et au service de Dieu, je perdrai tous mes Etats, c^

indulgentiam... nullo laipcn jure nullaque ratione Suam Majestatem obligare.... » %

(') « .... Reservans et réserva (am esse censens potestatem et farultatem sibi omni jure divino et humano coucossam et comjielenlcm, eadem delicla et crimina puniendi et castigaudi, praecipue in eos et contra eos qui duces et capita seditionum et criminum fuerunt.... »

(*) « .... Cujtis suae declaraliouis, te.stationis, reservationis petiit et mandavit fleri et confici publicum inslrumentum, suo quidem tempore o.-lcndendum et publicandum, nunc vero justis de causis et rationibus secrctum et celandum. » (Arch. de Simancas, Eslailo, leg. 531.)

« perdrais même cent vies, si je les avais, car je ne « pense ni ne veux être seigneur d’hérétiques. Vous « l’assurerez aussi que je tâcherai d’arranger les « choses de la religion aux Pays-Bas, si c’est possible. « sans recourir à la force, parce que ce moyen entraî- « ncra la totale destruction du pays, mais que je suis « déterminé à l’employer cependant, si je ne puis « d’une autre manière régler le tout comme je le « désire ; et, en ce cas, je veux moi-même être l’exé- « cuteur de mes intentions, sans que ni le péril que « je puis courir, ni la ruine de ces provinces et des « autres États qui me restent, puissent m’empêcher « d’accomplir ce qu’un prince chrétien et craignant « Dieu est tenu de faire pour son saint service, le. « maintien de sa foi catholique, l’autorité et l’honneur « du saint-siège ('). » Dans le même temps, il écrivit à la duchesse de Parme, pour qu’elle préparât la levée, en Allemagne, de trois mille chevaux et dix mille gens de pied ( 2 ). Et, comme elle venait de lui mander qu’on ne cessait d’insister auprès d’elle sur l’assemblée des étals généraux; que les seigneurs la ^réclamaient aussi vivement que le peuple; que le comte d’Egmont, après lui en avoir parlé huit ou dix fois, lui^avait dit enfin que, si elle ne les convoquait pas, ils se réuniraient d’eux-mêmes ( 3 ), il lui renouvela la défense, qu’il lui avait faite dans des

(') Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 445.

(*) Lettres françaises du roi, du <3 août, dans la Correspondance de Marguerite d'Autriche, pp. 456 et 459.

(') Correspondance de Philippe II, etc., t. I, p. 432.

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