CHAPITRE XI
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dépêches précédentes, de permettre celle convocation « sans en avoir premiers aultres nouvelles de lui ('). »
La position de Montigny à la cour d'Espagne devenait plus pénible de jour en jour. Les deux ministres belges à cette cour, Tisnacq et Hopperus. ne secondaient pas ses démarches; ils se montraient plus jaloux de faire preuve de dévouement à leur souverain que de remplir leurs obligations envers leur patrie ( 2 ). Ce qui augmentait encore les ennuis de Montigny, c’était les retards que souffrait l’arrivée du marquis de Berghes.
Bcrghes n’avait accepté qu’avec répugnance la mission qui lui avait été donnée; il tenait pour certain — il l'avait dit à la duchesse de Parme — que son voyage ne produirait aucun fruit ( 3 ). Lors du départ de Montigny, il avait signifié à la gouvernante qu’il ne voulait plus aller en Espagne, et il avait fallu que
(’) Lettre française du 13 août, dans la Correspondance de Marguerite d'Autriche, p 1i9.
(’) Montigny disait à la duchesse de Parme, dans sa lettre du 2 août déjà citée : « Vôtre Altèze se asseure je n'ay trouvé icy assistance • aucune; mesmes que j'ay requis diverses fois et offert au président « Tisnacq nous assembler sur ces affaires, depuis ma venue, paP « ensemble et monsieur Hopperus, pour communiquer, puisque estions « tous icy pour le service du roy et de nostre patrie jamais je ne l’ay « peu obtenir.... »
Dans sa lettre du 3 août au comte de Homes, Alonsode Laloo raconte une altercation qui eut lieu, le août, à la table d’Hopperus, entre Montigny et Tisnacq, sur ce que ce dernier avait dit que la noblesse belge eût mieux fait de présenter requête pour l’observation du concile de Trente que pour la modération des placards et l’abolition de l'inquisition.
(*) Correspondance de Philippe 11, e te., t I, p. 407.
Montigny cl Egmont se joignissent à la duchesse pour le faire revenir sur celte détermination (').
Le 1 er juillet enfin, il s’était mis enroule, voyageant la plupart du temps en chariot, car il n’était pas entièrement rétabli de sa blessure ( 5 ); aussi, le 19, il avait à peine atteint Lusignan, à quelques lieues au delà de Poitiers. Là il hésita à poursuivre son chemin : il était accablé de la chaleur et souffrant d'anciennes infirmités que la fatigue du voyage avait réveillées; il semblait aussi qu'il eût quelque pressentiment de la fin qui l’attendait en Espagne. Après bien des réflexions, il se décida à envoyer son majordome Aguilera à Monligny, afin de savoir si le roi tenait absolument à ce qu'il se rendit à sa cour, ou s’il voulait l’autoriser, vu le mauvais état de sa santé, à retourner aux Pays-Bas (*).
Aguilera trouva Montigny à Ségovic. Il eut avec lui une conférence secrète, de quatre heures, dans un monastère situé hors de cette ville pAlonso de Laloo, secrétaire du comte de Ilornes, y assistait Q. C’était le 24 juillet dans la nuit. Le lendemain , Montigny conduisit Aguilera au château deValsain. Le roi, après avoir entendu le majordome du marquis de Berghes, se montra sensible à l’indisposition de ce seigneur ; il dit à Aguilera qu’il instruirait Montigny de sa résolu-
0 Correspondance de Philippe II, elc., t. I, p. 419.
(’) Ibid., p. 428.
(“) Lettre d’Alonso de Laloo, du 3 août 1SGG, déjà citée.
( 4 ) Le comte de Hornes l’avait envoyé en Espagne pour solliciter, • auprès du roi et de ses ministres, plusieurs affaires qui l’intéressaient.