‹ Don Carlos, tragedie en cinq actes et en vers, par feu Lefevre. Representee, pour la premiere fois, par les Comediens du Roi, sur le Second TheatreFrancais, le mercredi, 20 decembre 1820. Dediee a S.A.S. monseigneur le duc d'Orleans, premier prince du sangChapitre 50 sur 65 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

De nos yeux , il est vrai , trompe encor la poursuite:’ Mais Fernand les éclaire. — En se hâtant de fuir,

Aux vœux d’Elisabeth il n’a fait qu’obéir. — Achèverai-je , ô ciel ! dans ma surprise extrême ? Sire.;.

PHILIPPE

Hé bien?

GOMEZ

Ce Fernand , que la reine elle-même , Auteur de sa fortune , a placé près de vous ,

Est un de ces Flamands échappés à vos coups ,

Qui , pour les intérêts de ce peuple infidèle ,

De votre fils , sans doute , a corrompu le zèle.

Un des miens, cette nuit, l’a vu quitter Carlos;

Et s’il existe entre eux de plus sombres complots , Tout me force à penser qu’un écrit dont ce traître S’est chargé pour la reine en instruirait mon maître.

PHILIPPE

Un écrit! quoi, la reine....

GOMEZ

Il doit être en sa main.

*, Philippe, avec une colère concentrée.

C’en est assez.

le nue, avec une franchise rude.

Seigneur, leur accord est certain:

Mais l’arrêt de mon roi contre un prince rebelle Aurait dû précéder cette affreuse nouvelle.

PHILIPPE

( D’un ton fier et serère. ) (A part. )

Il peut la suivre , au moins. — Je respire : et mon cœur

Vient de se reconnaître à sa sourde fureur.

Cet écrit fixera le sort de ce que j’aime. —

( Au duc. )

Au sacré tribunal volez de ce pas même ,

Duc. Informez ses chefs qu’on peut juger mon fils.

Du sceau de ma puissance imprimez leur avis.

(A Gomez;)

Que la reine, ignorant l’ordre que je leur donne,

A l’espoir du pardon , s’il se peut , s’abandonne. Cachez-lui que j’ai su , par des rapports certains , Qn’un écrit de Carlos a passé dans ses mains.

Le reste me regarde. —

( U fait signe à Gomez de s'éloigner ; et attirant le duc sur le bord du théâtre, il lui dit d’un ton mystérieux et menaçant : )

Et vous, à qui mon âme Laissa voir tout l’excès de sa jalouse flamme,

Si Philippe , une fois , n’a pu se contenir ,

Duc , perdons-en tous deux le fatal souvenir ;

Ou craignez ce moment, saisi par vous peut-être, * Qui vous rendit témoin des faiblesses d’un maître.

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