ACTE IV, SCÈNE IX
De nos yeux , il est vrai , trompe encor la poursuite:’ Mais Fernand les éclaire. — En se hâtant de fuir,
Aux vœux d’Elisabeth il n’a fait qu’obéir. — Achèverai-je , ô ciel ! dans ma surprise extrême ? Sire.;.
PHILIPPE
Hé bien?
GOMEZ
Ce Fernand , que la reine elle-même , Auteur de sa fortune , a placé près de vous ,
Est un de ces Flamands échappés à vos coups ,
Qui , pour les intérêts de ce peuple infidèle ,
De votre fils , sans doute , a corrompu le zèle.
Un des miens, cette nuit, l’a vu quitter Carlos;
Et s’il existe entre eux de plus sombres complots , Tout me force à penser qu’un écrit dont ce traître S’est chargé pour la reine en instruirait mon maître.
PHILIPPE
Un écrit! quoi, la reine....
GOMEZ
Il doit être en sa main.
*, Philippe, avec une colère concentrée.
C’en est assez.
le nue, avec une franchise rude.
Seigneur, leur accord est certain:
Mais l’arrêt de mon roi contre un prince rebelle Aurait dû précéder cette affreuse nouvelle.
PHILIPPE
( D’un ton fier et serère. ) (A part. )
Il peut la suivre , au moins. — Je respire : et mon cœur
Vient de se reconnaître à sa sourde fureur.
Cet écrit fixera le sort de ce que j’aime. —
( Au duc. )
Au sacré tribunal volez de ce pas même ,
Duc. Informez ses chefs qu’on peut juger mon fils.
Du sceau de ma puissance imprimez leur avis.
(A Gomez;)
Que la reine, ignorant l’ordre que je leur donne,
A l’espoir du pardon , s’il se peut , s’abandonne. Cachez-lui que j’ai su , par des rapports certains , Qn’un écrit de Carlos a passé dans ses mains.
Le reste me regarde. —
( U fait signe à Gomez de s'éloigner ; et attirant le duc sur le bord du théâtre, il lui dit d’un ton mystérieux et menaçant : )
Et vous, à qui mon âme Laissa voir tout l’excès de sa jalouse flamme,
Si Philippe , une fois , n’a pu se contenir ,
Duc , perdons-en tous deux le fatal souvenir ;
Ou craignez ce moment, saisi par vous peut-être, * Qui vous rendit témoin des faiblesses d’un maître.