ACTE V, SCÈNE V
Je m’oublie.
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PHILIPPE
ÉLISABETH , (1 part.
Ah! Carlos! quel secret j’ai promis!
PHILIPPE
Que dites-vous?
ÉLISABETH
Seigneur !
PHILIPPÇ.
Répondez.
ÉLISABETH
Je frémis.
De quels affreux soupçons vous venez de m’instruire! Osez- vous les former?
PHILIPPE
Osez donc les détruire.
Carlos par vos détours ne peut plus m'échapper;
Et qui trompe une fois paraît toujours tromper.
ÉLISABETH
Hé bien, cruel! sa fuite.... Elle était mon ouvrage. Gomez , de vos soupçons exagérant la rage ,
Dans ce parti coupable entraîna mon effroi.
Comment l’avez-vous su? Qui m’en accusa? Moi.
Je pourrais de ce monstre expliquer l’artifice ;
Mais je conviens du crime, et rougis du complice. —
* Oui , j’ai craint pour Carlos ; mais osant tout pour lui ,
* Je lui cachais le bras qui lui servait d’appui.
* De vous-même , en un mot , ardente à vous defendre ,
* C’était votre héritier que je voulais vous rendre. J’épargnais votre sang. Sont-ce là des forfaits
Qu’un père, en sa rigueur, ne pardonne jamais ? Toutefois vengez-vous. Punissez tant d’audace :
Mon cœur n’attend pour moi ni clémence , ni grâce. Vous, qui vouliez, Philippe , en sonder les replis , Voilà tous mes forfaits et ceux de votre fils.
PHILIPPE
Les voilà tous, Madame? , .
Elisabeth, avec fermeté.
Oui , seigneur.
Philippe, apres une pause.
. Ma prudence
Doit vous convaincre assez des périls du silençe.
(Baissant les sourcils, l’oeil fixé sur Élisabeth, et croisant sur sa poitrine ses bras qu’il tient dans cette position jusqu’à la fia de la scène.
Descendez en vous-même , et pesez bien ces mots : Voilà tous vos forfaits , et tous ceux de Carlos ?
Elisabeth, avec plus cT assurance.
Oui, seigneur.
Philippe , la regardant avec un mépris mêlé dt in~ dignation.
Ciel!
ÉLISABETH
Vos yeux outragent ma franchise.
De quel serment faut-ü que ma voix l’autorise ?
Par vous , par le seul fils que vous laissent les cieux , Dont les jours encor...
Philippe, se déployant tout a coup , et se retournant du coté du Garde.
Garde , ôtez-vous de ces lieux.
(Le Garda aoil.)