PHILIPPE, ÉLISABETH
ÉLISABETH
Ciel ! quel est donc cet ordre ? Une terreur soudaine Pénètre à vos accens dans mon âme incertaine. Chaque instant la fait croître. Ah ! seigneur! ah ! parlez. Ce garde.... Sa sortie.... Expliquez-moi ..
PHILIPPE
Tremblez.
Je lis, malgré vos soins, dans une infâme lettre Qu’à mes sévères yeux vous craignez de soumettre.
J’y vois mes feux, ma gloire et mon pouvoir trahis; En me l’osant cacher, vous condamniez mon fils. Même sort vous attend : sa perte en est l’augure.
Il va , près de ces lieux , expier son parjure :
Mon ordre est un signal pour lui percer le sein.
Élisabeth , marchant vers le fond de la scène. Quoi! c’est là.. !
Philippe, r arrêtant avec fureur.
Demeurez.
Élisabeth , présentant au roi la lettre du prince.
Lisez donc, inhumain. — Tout autre intérêt cède à l’horreur qui m’inspire. Lisez. Que le remords nous venge et vous déchire.
(Elle tombe inanimée sur un siège. )
Philippe, prononçant quelques phrases interrompues de la lettre de Carlos.
Vos leçons... pour le roi. ..'Je cours les signaler.
« Vous,.... reudeZ'tui la pair... qu’il se plut à troubler. »
Qu’ai-je lu? Chaque mot les absout et m’accuse. Avait-on joint contre eux l’injustice à la ruse?-^- Et n’allais-je accomplir mes sinistres projets Qu’au gré des passions du duc et deGomez?
Hâtons-nous d’éclaircir une trame si noire Si ce n’est pour mon fils , que ce soit pour ma gloire. Holà! gardes.