‹ Don César de Bazan;Chapitre 57 sur 65 · STROPHES · texte numérisé non relu

STROPHES

Mon amour me rend à moi-même :

En me donnant à toi,

C’est depuis que je t’aime Que je suis vraiment roi. —

Le jour où je l’ai vue, errante et pauvre encore,

Le jour où sur tes pas le destin m’.a jeté,

Dans mon sein j’ai senti naître la volonté,

Dans mon ciel s’est levée une nouvelle aurore.

Ma puissance et les dons que je tenais de Dieu ,

Ma couronne, mon trône, enfant, m’importai m peu.

Mais l’amour me rend à moi-même En me donnant à toi,

Et depuis que je t’aime Ah! je suis vraiment roi!

Depuis que les désirs m’ont brûlé dé leur flamme, Depuis qu’ils ont fondu les glaces de mon cœur,

En vous j’ai retrouvé ma force et ma grandeur :

Plus puissant est mon bras, plus vaillante est mon âme; Je ne suis plus ce roi débile et sans pouvoir,

Je suis le maître enfin ! Je veux! je sais vouloir!

Car l’amour me rend à moi-même En me donnant à toi,

Et depuis que je t’aime.

Ah ! je suis plus que roi.

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