SCENE I
Cordoero, Don Carlos, puis Christophe Colomb, puis Juifs et Juives, puis Don Isaac, Léon Abrayanel, Joseph Abrayanel.
Cordoero
Restons ici. {Montrant la route.) lis devront passer par ce chemin.
Carlos
C'est donc vrai! Je vais la revoir encore une fois ; et puis ce sera fini, {essuyant une larme) je ne la verrai jamais^, jamais plus.
Cordoero
Monseigneur, je vous en prie. . . . soyez homme. . • • % vous m'avez promis
Carlos
Cordoero, vous qui êtes assez mon ami pour avoir •consenti à m'accompagner, vous savez que j'ai été brave sur les champs de bataille, voyez, je ne suis qu'un enfant qui
aime et qui souffre je vous en supplie, laissez-moi
pleurer.
Cordoero {Emu.) Monseigneur
Carlos {Qui pleure appuyé sur le bras de son compagnon, relevant la tête après un instant.) Quelqu'un on nous a suivis.
Don Isaac V
Cordoero (Se tournant vers le coté Indiqué par Carlos.)
Non, je le connais.
Colomb (Qui est entré par la droite et s'est avancé vers eux, les saluant.)
Monsieur de Cordoero.
Cordoero (Avec ètounenient.) Vous ici Christophe Colomb u?
Colomb
Moi ici. Quoiqu'on puisse penser, quelque crime qu'on puisse m'en faire, je n'ai pas voulu laisser partir Don Isaac sans venir au moins le saluer. (Tandis que Don Carlos les a quittés allant vers la gauche et regardant au loin.) N'est-ce pas l'Infant Don Carlos ?
Cordoero (A voix basse.)
C'est lui, mais il ne veut pas être reconnu.
Colomb
Je l'ai compris.
Carlos (Revenant vers eux.)
Les voici, je les entends là-bas sur le chemin.
(Une musique se fait entendre au lointain se rapprochant peu à :peUï accompagnant la marche d'une longue théorie de Juifs et Juives qui vont par groupes. En tète marchent des rabbins portant des rouleaux de la Loi et des objets du culte ; des femmes tiennent des petits enfants dans leurs bras, presque tous les hommes portent des paquets de hardes ou de provisions. Parmi les exilés, les uns se lamentent, d'autres marchent résignés. Par instant, un rabbin entonne des cantiques que tous reprennent en chœur tout en continuant
leur marche.) (*)